Bruno Retailleau a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle. Une déclaration fade, sans élan, presque confidentielle. Même au sein de son propre parti, l’annonce a suscité peu de réactions, comme si personne n’y croyait vraiment.

Le président des Républicains assure avoir « beaucoup mûri » sa décision et vouloir proposer « un nouveau chemin » fondé sur « l’ordre, la prospérité et la fierté française ». Une rhétorique convenue, mille fois entendue à droite, qui peine à masquer l’absence de vision claire. « Je ne veux pas être le candidat pour la droite, je veux être le candidat pour le pays », affirme-t-il. Encore faudrait-il rassembler au-delà de son propre camp.
Car Bruno Retailleau traîne une image profondément clivante. Il ne fédère ni les différentes sensibilités des Républicains, ni, a fortiori, les Français. Face à lui, d’autres figures du parti, Laurent Wauquiez, David Lisnard, Xavier Bertrand, occupent déjà le terrain. La compétition interne est ouverte, mais la ligne politique reste introuvable.
En tant que président des Républicains, Retailleau n’a jamais clarifié l’orientation idéologique du parti. Tantôt tenté par un rapprochement avec l’extrême droite, tantôt prêt à composer avec la macronie selon les circonstances locales, il donne le sentiment d’une stratégie opportuniste plutôt que d’un cap assumé. Les dernières échéances municipales ont illustré ces ambiguïtés.
Son passage au ministère de l’Intérieur n’a guère renforcé sa stature. Beaucoup d’effets d’annonce, des discours fermes, mais peu de résultats tangibles. Une agitation politique davantage qu’une action structurante. L’ancien maire de Levallois, Patrick Balkany, résumait crûment la situation dans un entretien : « Retailleau a été un sénateur sans relief pendant vingt ans. Et soudain, il s’est découvert des ambitions… mais concrètement, qu’est-ce que ça a changé ? bla bla ba bla bla bla.»
À ce stade, la candidature de Bruno Retailleau ressemble davantage à une tentative d’exister dans le paysage politique qu’à un véritable projet présidentiel. Reste à savoir si les électeurs y verront autre chose qu’une ambition personnelle sans dynamique ni vision rassembleuse.