Alors que les prix à la pompe flambent, Emmanuel Macron assure que le gouvernement fera « tout ce qu’il faut ». Mais le chef de l’État n’a annoncé ni baisse des taxes ni mesure immédiate sur les prix. Face à la colère des Français, les oppositions dénoncent un discours sans réponse concrète.

La promesse, mais pas encore le remède. Emmanuel Macron s’est exprimé ce jeudi 24 septembre dans un contexte explosif, marqué par la hausse des prix des carburants et les inquiétudes liées à la situation internationale.
Le président de la République a multiplié les pistes d’action. Mais sur une question qui préoccupe directement des millions de Français — comment faire baisser le prix à la pompe ? — aucune mesure immédiate n’a été annoncée.
Macron mise sur la diplomatie pour faire baisser la pression
Pour éviter les pénuries et tenter de détendre les marchés, Emmanuel Macron affirme que la France « fait tout » ce qui est possible.
Le chef de l’État évoque notamment un « double moratoire en Ukraine », la réouverture du détroit d’Ormuz ainsi que la possibilité pour les pays du G7 de remettre des stocks sur le marché.
Il annonce également l’envoi de « moyens militaires » pour protéger un site énergétique stratégique en Arabie saoudite.
Autant de pistes qui reposent largement sur l’évolution de la situation internationale.
Mais pour les automobilistes français, l’urgence est immédiate : le prix affiché à la pompe ne baisse pas.
« Faire baisser les prix » plutôt que les taxes
Emmanuel Macron refuse pour l’instant de répondre aux demandes de baisse de la fiscalité sur les carburants.
Alors que Marine Le Pen et d’autres responsables politiques réclament une baisse des taxes, le président préfère défendre une autre stratégie :
« Il vaut mieux faire baisser les prix que baisser les taxes. »
Le chef de l’État estime qu’une baisse des taxes doit être financée et met en garde contre les conséquences d’une mesure qui ne le serait pas.
« Ceux qui proposent de baisser les taxes sans dire comment les financer vous feront payer le coût dans vos crédits à la consommation ou vos emprunts. »
Emmanuel Macron promet toutefois que le gouvernement « sera aux côtés des Français et de l’économie ».
« On ne peut pas laisser les prix s’envoler », affirme-t-il.
Reste à savoir quelles mesures concrètes seront prises si les prix continuent leur progression.
Le président ne ferme aucune porte :
« En fonction de l’évolution, il ne faut rien exclure. »
Les oppositions attaquent
Ces déclarations n’ont pas convaincu les oppositions.
Sur les réseaux sociaux, Aurélie Trouvé (LFI) accuse le président de la République de « mentir aux Français » à propos des marges des raffineurs.
La députée affirme notamment que les marges de raffinage de TotalEnergies auraient été multipliées par 7,5 en six mois, en s’appuyant sur des données du ministère.
Manuel Bompard, de son côté, estime qu’Emmanuel Macron annonce une hausse durable des prix des carburants tout en affirmant vouloir les faire baisser.
Il défend notamment un encadrement des marges des raffineurs et affirme qu’une telle mesure pourrait permettre de ramener le prix du carburant autour de 1,70 euro.
Des affirmations qui devront être confrontées aux données économiques disponibles et à la réalité du fonctionnement du marché.
Bellamy : « Nous ne sommes pas condamnés à l’inaction »
À droite, François-Xavier Bellamy estime également que la situation internationale ne peut pas tout expliquer.
Sur franceinfo, le vice-président des Républicains affirme qu’Emmanuel Macron ne peut pas dire aux Français qu’ils sont « condamnés à être spectateurs d’une catastrophe économique et sociale sans moyen d’agir ».
« Il y a des leviers pour agir, nous ne sommes pas condamnés à l’inaction », estime-t-il.
Une position proche de celle défendue par le Rassemblement national.
Philippe Ballard, député RN de l’Oise et porte-parole du parti, dénonce pour sa part une « séquence d’autosatisfaction ».
Selon lui, une baisse de la TVA sur les carburants, de 20 % à 5,5 %, constituerait l’un des principaux leviers disponibles.
Pas de nouvelle dissolution
Emmanuel Macron a également écarté l’hypothèse d’une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale.
Deux ans après sa précédente décision, le chef de l’État appelle les forces politiques à faire preuve de « responsabilité », notamment à l’approche de l’examen des textes budgétaires.
Présidentielle : Macron garde ses intentions pour lui
Sur la prochaine présidentielle, le président ne souhaite pas encore dévoiler ses intentions.
Interrogé sur un éventuel soutien à un candidat, il répond :
« Nous ne sommes pas dans la dernière ligne droite. »
Emmanuel Macron affirme que sa priorité reste la gestion de la crise actuelle.
« Mon devoir, c’est d’agir face à la crise qu’on vit, mon devoir, c’est d’éclairer les Français. »
Une question reste sans réponse
Au terme de cette intervention, Emmanuel Macron a promis d’agir, mais sans annoncer de dispositif immédiat pour faire baisser le prix des carburants.
La stratégie repose pour l’instant sur la diplomatie, les stocks et l’évolution de la situation internationale.
Pour les Français qui prennent leur voiture chaque jour, la question demeure donc entière : combien de temps faudra-t-il encore attendre avant de voir une mesure concrète à la pompe ?