
Mediapart affirme, dans une enquête publiée le 28 septembre 2026, que Jordan Bardella, président du Rassemblement national, aurait tenu des propos à caractère antisémite dans plusieurs conversations écrites privées datant de 2013, ainsi que selon plusieurs témoignages.
Les faits rapportés se seraient produits en 2013, au début de la carrière politique de Jordan Bardella.
On peut notamment lire dans l’article de Mediapart :
« Les banques sont toutes détenues par des Juifs. »
Ou encore :
« Le Juif doit dominer les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur. »
Selon Mediapart, Jordan Bardella aurait également déploré que les ministères « les plus importants reviennent à des personnes pour qui Israël et l’intérêt bancaire priment sur les intérêts français ».
Jordan Bardella a organisé depuis hier soir sa riposte et nie formellement les faits qui lui sont reprochés. Il conteste notamment « les affirmations selon lesquelles j’aurais tenu, en public comme en privé, par oral ou par écrit, des propos racistes ou antisémites de ce type », dénonçant des « faux grossiers » et une « véritable opération de barbouzerie ».
L’avocat de Jordan Bardella, Me David Dassa-Le Deist, a confirmé ce lundi 28 septembre sur BFMTV qu’il allait déposer plainte pour diffamation après la publication de l’article de Mediapart attribuant à son client des messages antisémites datant de 2013.
L’avocat a qualifié les révélations de « vilenie sans limite » et de « tissu de mensonges ». Il affirme également que Jordan Bardella dispose de pièces permettant, selon lui, de démontrer qu’il s’agit d’un « tissu de mensonges » et d’un « tissu de calomnies ».
De son côté, le président du RN conteste « formellement » les propos dévoilés par Mediapart et évoque des « faux grossiers ».
Mediapart affirme de son côté avoir mené une enquête de plusieurs mois et avoir travaillé à partir de dizaines de conversations écrites, dont l’authenticité aurait été vérifiée de manière indépendante.
Lorsque Mediapart publie une enquête de cette nature, la question de la fiabilité des documents et de leur authentification est évidemment centrale. Dans ce dossier, les accusations sont particulièrement graves et les versions des deux parties sont, à ce stade, diamétralement opposées.
Une question se pose néanmoins au-delà de la polémique : si les faits rapportés étaient établis, le système de défense adopté serait-il le plus pertinent ?
Ne serait-il pas préférable, lorsqu’une personne reconnaît des propos tenus dans sa jeunesse, d’expliquer qu’elle a pu être sous influence, se tromper et évoluer au fil des années ? Une pensée et une analyse peuvent évoluer avec le temps, particulièrement lorsque les faits remontent au début d’une carrière politique.
Antton Rouget, journaliste à Mediapart, était invité sur RMC ce matin.
Il a notamment déclaré être « absolument formel » et a affirmé que Mediapart disposait de « mails authentifiés » ainsi que de messages provenant de différentes plateformes, soutenant que les propos rapportés avaient bien été rédigés par Jordan Bardella.
Ces éléments ne permettent évidemment pas, à eux seuls, de préjuger de l’issue d’une éventuelle procédure judiciaire. Mais ils donnent à cette enquête un poids qui mérite d’être pris au sérieux. Il ne s’agit pas, selon Mediapart, d’une simple rumeur ou de quelques captures d’écran anonymes apparues sur les réseaux sociaux : le média affirme avoir consacré plusieurs mois à vérifier, recouper et authentifier les documents en sa possession.
D’autres documents pourraient être publiés par Mediapart dans les prochains jours.