Dans son allocution, le Premier ministre a annoncé une revalorisation de la prime d’activité de 50 euros par mois pour près de trois millions de ménages. Il a également assuré qu’il n’y aurait aucune augmentation de l’impôt sur le revenu.
« Ainsi, et pour définitivement tordre le cou aux mensonges de certains, il n’y aura aucune augmentation de la fiscalité sur les ménages, directe ou indirecte », a-t-il déclaré.

Face à la crise du logement, le gouvernement prévoit par ailleurs une hausse de 400 millions d’euros des moyens alloués aux bailleurs sociaux, a annoncé Sébastien Lecornu. Le Premier ministre a également confirmé le maintien du dispositif MaPrimeRénov’ en 2026.
Concernant les étudiants, les bourses seront maintenues et la généralisation du repas universitaire à un euro a été actée à partir du mois de mai. Une mesure jugée tardive par certains, alors que la période estivale approche et que de nombreux étudiants seront en vacances dès le mois de juin.
Sur le plan budgétaire, le chef du gouvernement a réaffirmé sa volonté de ramener le déficit public à 5 % du PIB, contre 5,3 % dans l’état actuel des discussions parlementaires. En revanche, il n’a pas détaillé les modalités de financement des mesures annoncées ni les leviers concrets pour atteindre cet objectif.
« Chacun doit payer sa juste part, c’est une question de justice fiscale, et l’attente des contribuables est forte », a-t-il indiqué, restant volontairement évasif.
Le Premier ministre n’a pas non plus précisé comment il comptait faire adopter le budget. Il a mis en cause les oppositions, en particulier le Rassemblement national et La France insoumise, qu’il accuse d’avoir « bloqué le travail parlementaire » et « méthodiquement rendu le texte incohérent et invotable ».
Vives réactions des oppositions
Du côté de La France insoumise, les critiques sont virulentes. Le président de la commission des Finances, Éric Coquerel, dénonce « un cynisme assumé » :
« Monsieur Lecornu est le roi de l’entourloupe. Il vend comme des concessions des mesures déjà prévues au budget ou imposées par le débat parlementaire, tout en promettant d’autres totalement dérisoires au regard des coupes budgétaires. »
La députée Clémence Guetté fustige de son côté une stratégie politique de pression :
« Il annonce de fausses concessions et de vrais coups de pression à destination des auto-proclamés “raisonnables”. Pour nous, c’est simple : censure. »
En meeting à Marseille, Marine Le Pen a également exprimé son opposition au budget :
« Ils savent ce que nous voulons, mais ils font exactement l’inverse. Par respect pour nos électeurs, nous nous opposons à un budget qui nous apparaît néfaste pour le pays. »