La colère des agriculteurs est montée d’un cran ce matin. Alors que l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur est proche d’être signé, et après le ralliement de l’Italie, la mobilisation agricole s’est intensifiée jusqu’au cœur de la capitale.

Tôt ce matin, des agriculteurs ont réussi à franchir les barrages de sécurité et se sont rassemblés à proximité de sites emblématiques, notamment la tour Eiffel et l’Arc de Triomphe. L’autoroute A13 est également en partie bloquée et fermée à la circulation, provoquant d’importantes perturbations.
Les manifestants dénoncent avant tout le traité de libre-échange avec le Mercosur, qu’ils jugent destructeur pour l’agriculture française, mais aussi l’accumulation de normes administratives qu’ils estiment excessivement contraignantes. Ils réclament des mesures concrètes pour protéger leurs revenus et rétablir une concurrence jugée loyale.
Les « clauses de sauvegarde » avancées par Emmanuel Macron pour justifier l’acceptation de l’accord sont vivement contestées. Pour l’eurodéputé La France insoumise Arash Saeidi, ces garanties relèvent davantage de l’affichage politique que d’une réelle protection.
« Je reviens d’un voyage au Brésil. À l’évocation des clauses de sauvegarde, nos interlocuteurs sud-américains souriaient et nous disaient : “si ça permet à Macron de faire passer la pilule, d’accord, mais ça n’a aucune valeur de ce côté-ci de l’Atlantique”. C’est uniquement une mesure factice », affirme l’eurodéputé.
À mesure que les négociations avancent à Bruxelles, la pression s’accentue sur l’exécutif français, confronté à une contestation agricole qui semble loin de retomber.