La révélation fait l’effet d’un coup de tonnerre.  Selon une note interne du Ministère de l’Économie et des Finances, 13 335 contribuables assujettis à l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI) ne paient aucun impôt sur le revenu. Une information qui entre en contradiction directe avec les déclarations d’Amélie de Montchalin devant l’Assemblée nationale en janvier dernier.

Amélie de Montchalin

À l’époque ministre chargée des Comptes publics, elle assurait qu’il n’existait « aucun document » démontrant qu’un nombre significatif de contribuables fortunés échappaient totalement à l’impôt sur le revenu. Quelques semaines plus tard, la note de Bercy, révélée par Le Monde, vient contredire cette affirmation.

Les 13 335 contribuables concernés sont tous redevables de l’IFI, ce qui signifie qu’ils disposent d’un patrimoine immobilier supérieur à 1,3 million d’euros. Le chiffre ne dit rien de leur patrimoine financier, souvent bien plus important chez les plus grandes fortunes.

Pour la gauche, ces données confirment un diagnostic ancien : le système fiscal français serait devenu de facto moins progressif au sommet de l’échelle des revenus. L’économiste Gabriel Zucman plaide depuis plusieurs années pour une taxation minimale effective des plus hauts patrimoines, estimant que les mécanismes d’optimisation affaiblissent l’impôt.

Soupçons de rétention d’information

Le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Éric Coquerel (LFI), accuse désormais Bercy d’avoir tardé à transmettre les éléments dont il avait fait la demande. Selon lui, les données existaient déjà sous forme de recoupements statistiques lorsque le débat faisait rage au Parlement.

La chronologie interroge : la note est datée du 30 janvier 2026, soit après les déclarations d’Amélie de Montchalin devant les députés, mais au cœur du débat sur la taxation des plus riches. Or, elle n’a été rendue publique qu’une fois la séquence budgétaire achevée.

Une crédibilité en jeu

La controverse dépasse la seule question technique. Elle pose un enjeu politique majeur : la transparence de l’exécutif face au Parlement. Amélie de Montchalin, aujourd’hui présidente de la Cour des comptes, voit sa parole fragilisée par ces révélations.

Pour l’opposition, cette affaire illustre une « protection politique des grandes fortunes ». Du côté de la majorité, on rappelle que l’IFI ne couvre que le patrimoine immobilier et que l’absence d’impôt sur le revenu ne signifie pas nécessairement absence totale de prélèvements.

Reste que le chiffre, de 13 335 millionnaires sans impôt sur le revenu, est devenu un symbole. Et dans un contexte de tensions sociales il pourrait durablement peser sur le débat électoral.

Laisser un commentaire

Commentaires

Réseau média web

Liens utiles

Twitter

Afficher plus