Face à l’envolée des prix du carburant, les professionnels de l’aide à domicile se retrouvent en grande difficulté. Le président du Département de Loire-Atlantique, Michel Ménard, interpelle le gouvernement et réclame des mesures d’urgence pour soutenir un secteur déjà fragilisé.

La hausse spectaculaire des prix du carburant, alimentée par les tensions internationales impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran, atteint des niveaux inédits en France. Si l’ensemble des Français est touché, certains professionnels apparaissent particulièrement vulnérables : les aides à domicile.
Chaque jour, ces travailleurs sillonnent les territoires, souvent ruraux, pour accompagner des personnes âgées ou en situation de handicap. Des déplacements indispensables, mais aujourd’hui de plus en plus coûteux.
Des frais devenus insoutenables
Pour ces professionnels, dont les revenus se situent généralement autour du SMIC, la flambée du carburant représente une charge difficilement absorbable. Les indemnités kilométriques, jugées insuffisantes, ne permettent plus de couvrir à la fois les dépenses de carburant et l’entretien des véhicules.
Cette situation crée une véritable impasse. Certains auxiliaires de vie s’interrogent désormais sur la viabilité de leur activité, alors que le coût des déplacements peut dépasser les revenus générés par leurs interventions. À terme, des refus de missions, notamment dans les zones isolées ou pour des interventions courtes, pourraient se multiplier.
Une évolution qui risquerait de pénaliser directement les personnes les plus vulnérables, ainsi que leurs proches aidants.
Un secteur déjà fragilisé
Au-delà de l’urgence immédiate, c’est l’avenir même du secteur de l’aide à domicile qui est en question. Déjà confronté à des difficultés de recrutement, il pourrait voir son attractivité encore diminuer alors même que les besoins ne cessent d’augmenter avec le vieillissement de la population.
Par ailleurs, de nombreux services d’aide à domicile rencontrent des difficultés financières. Contraints par des tarifs encadrés, ils ne sont pas en mesure de revaloriser les indemnités kilométriques. Les Départements, eux aussi sous pression budgétaire, notamment en raison d’une compensation partielle des dépenses liées à l’APA et à la PCH, peinent à intervenir davantage.
Un appel à un soutien ciblé de l’État
Dans ce contexte, Michel Ménard a adressé un courrier aux ministres en charge de la Santé et de l’Autonomie pour alerter sur la situation. Il y appelle à la mise en place d’un soutien financier ciblé, destiné à compenser la hausse des carburants pendant toute la durée de la crise.
Pour l’élu, l’enjeu dépasse la seule question économique : sans mesures adaptées, la politique de maintien à domicile des personnes âgées et en situation de handicap pourrait être compromise.
« Les aides à domicile font un travail essentiel », insiste-t-il, appelant à un soutien à la hauteur de leur rôle de première ligne.