Selon un sondage Odoxa, les Français portent un jugement particulièrement sévère sur le parti Les Républicains (LR). Près de deux tiers d’entre eux estiment que le mouvement n’est plus utile à la vie politique (63 %) et qu’il manque de convictions claires (65 %). Plus inquiétant encore, 41 % des sympathisants LR eux-mêmes pensent que le parti de Bruno Retailleau ne reviendra pas au pouvoir.

Ces chiffres ressortent de l’étude mensuelle Odoxa publiée mardi dernier, consacrée à la récente séquence budgétaire. La stratégie des Républicains, à la fois dans l’opposition tout en participant au gouvernement et en refusant de voter la censure, apparaît largement incomprise. Résultat : 51 % des personnes interrogées jugent que LR sort affaibli de cette période politique.
Cette ligne floue se traduit également dans les urnes. Dimanche dernier, lors de la législative partielle en Haute-Savoie, une circonscription détenue par la droite depuis plus de soixante ans, le candidat soutenu par l’UDR et le RN, Antoine Valentin, s’est imposé avec 59,1 % des voix. Le traditionnel « front républicain » n’a pas fonctionné.
Les difficultés stratégiques du parti se retrouvent aussi à l’approche des municipales. À Nantes les Républicains locaux ont fait une alliance avec les macronistes, avec l’aval de Bruno Retailleau, au risque de brouiller encore davantage le message politique.
Le malaise est profond jusque dans l’électorat de droite : 43 % des sympathisants conservateurs ne considèrent plus Les Républicains comme un « parti d’avenir », selon le sondage.
Pour espérer rebondir, LR devra impérativement clarifier sa ligne politique, en se tenant à distance des alliances opportunistes tant avec la macronie qu’avec le Rassemblement national. Le parti gagnerait également à tourner la page de Nicolas Sarkozy, dont l’influence persistante et les affaires judiciaires pèsent lourdement sur son image.