Pour sa dernière année pleine à l’Élysée, Emmanuel Macron a présenté, mercredi 31 décembre, ses vœux aux Français dans un contexte de défiance record et de tensions internationales accrues. Le chef de l’État a décliné trois vœux : unité, force et indépendance, espérance, dans un discours très présidentiel, mais largement déconnecté du climat social et politique du pays.

Voeux du président Macron

À l’approche de la présidentielle de 2027, dont la campagne devrait s’ouvrir fin 2026, Emmanuel Macron a assuré qu’il ferait « tout » pour garantir un scrutin « à l’abri de toute ingérence étrangère ». Une promesse solennelle, alors même que les fractures démocratiques internes, l’abstention massive et la crise de confiance envers les institutions restent largement sans réponse.

Le président affirme vouloir rester « au travail jusqu’à la dernière seconde » et faire de 2026 « une année utile ». Une formule déjà entendue, qui peine à convaincre après plusieurs années de réformes contestées et de dialogue social fragilisé. Les « grands chantiers » évoqués : service national des jeunes, fin de vie, sont mentionnés sans calendrier précis ni garanties sur la méthode, laissant planer le doute sur leur réelle mise en œuvre.

Sur le plan international, Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de renforcer une Europe « assaillie » sur les plans sécuritaire et commercial. Il s’est voulu volontariste sur la défense européenne, annonçant une accélération en 2026 et des engagements à venir pour soutenir l’Ukraine. Mais là encore, le discours masque difficilement les divisions persistantes entre États membres et les limites concrètes de l’autonomie stratégique européenne.

Enfin, le président a réaffirmé sa volonté de protéger une Europe « industrielle et agricole » face à une mondialisation jugée déloyale, en invoquant des « règles de commerce justes ». Une posture désormais classique, alors que nombre d’agriculteurs et d’industriels dénoncent un décalage entre les discours européens et la réalité des accords commerciaux.

Ces vœux, très institutionnels, donnent surtout l’impression d’un président déjà tourné vers la sortie, soucieux de fixer un cadre et un héritage plus que de répondre aux urgences sociales : pouvoir d’achat, services publics, logement, santé. À un an et demi de la fin de son mandat, Emmanuel Macron appelle à l’espérance, mais peine encore à en dessiner les contours concrets.

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