Les chroniqueurs politiques ne s’y sont pas trompés. Sur plusieurs plateaux télévisés, ils ont souligné la performance de La France insoumise dans de nombreuses villes. Le chroniqueur de droite Charles Consigny a même estimé que cette dynamique « doit nous interpeller pour 2027 ». Alors que le mouvement présentait très peu de candidats lors des municipales de 2020, il réalise cette fois une entrée remarquée dans la compétition municipale.

Le parti fondé par Jean-Luc Mélenchon aborde en effet le second tour en position favorable dans plusieurs villes importantes, comme Lille, Toulouse ou Roubaix.
Le premier tour, organisé le 15 mars, a été marqué par plusieurs résultats significatifs. À Saint-Denis, la victoire dès le premier tour du candidat insoumis Bally Bagayoko constitue un événement politique majeur : la commune, forte d’environ 150 000 habitants et deuxième ville d’Île-de-France après Paris, bascule ainsi du Parti socialiste vers La France insoumise.
À Roubaix, le député David Guiraud se retrouve en ballotage très favorable après avoir obtenu près de 47 % des voix. Dans plusieurs autres communes, les candidats insoumis sont également en mesure de se maintenir au second tour, ce qui place le mouvement en position stratégique.
Le coordinateur du mouvement, Manuel Bompard, s’est félicité d’une « progression remarquable » et estime que « la victoire est à portée de main dans de nombreuses communes ».
Dans certaines grandes villes, la formation de gauche crée la surprise. À Toulouse, le député insoumis François Piquemal devance le socialiste François Briançon, tous deux restant toutefois derrière le maire sortant Jean-Luc Moudenc. À Lille, la candidate insoumise talonne le maire socialiste Arnaud Deslandes, héritier politique de Martine Aubry.
Dans plusieurs grandes villes, La France insoumise arrive en troisième position et pourrait jouer un rôle d’arbitre au second tour.
Cette percée surprend notamment le Parti socialiste. Dans des villes comme Toulouse ou Limoges, les socialistes arrivent derrière les candidats insoumis. La question se pose désormais : peuvent-ils prendre le risque de diviser la gauche et de compromettre certaines mairies ?
Les discussions s’annoncent donc intenses dans plusieurs villes, notamment à Marseille, Nantes, Toulouse, Limoges ou Paris. Les candidats de gauche ont jusqu’au mardi 17 mars à 18 heures pour tenter de conclure des accords et envisager des alliances en vue du second tour.
Le résultat constitue aussi un avertissement pour Bruno Retailleau : la stratégie consistant à cibler en permanence La France insoumise pourrait bien contribuer à nourrir sa progression dans les urnes.