À Grenoble, à l’occasion de leur université d’été, Les Écologistes ont affiché leurs divergences sur la stratégie à adopter pour l’élection présidentielle de 2027. Alors que plusieurs responsables plaident pour un rapprochement avec La France insoumise, d’autres regardent vers le Parti socialiste et Raphaël Glucksmann. La direction du parti, elle, défend une troisième voie : maintenir une candidature et un projet écologistes tout en poursuivant la recherche d’une union de la gauche.

Ces divisions ne sont pas nouvelles. Il y a quelques mois, certains membres du mouvement avaient pris les devants en créant les Verts Populaires, une initiative destinée à soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Aujourd’hui, trois orientations se dessinent.

La première consiste à se rapprocher de LFI. Sandrine Rousseau défend ouvertement cette stratégie. Pour la députée de Paris, « il n’y a pas d’autre option » que de rejoindre Jean-Luc Mélenchon afin de donner à la gauche une chance d’accéder au second tour. 

Cette ligne trouve notamment un écho auprès de Cyrielle Chatelain, présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale. Selon elle, les convergences avec La France insoumise pourraient permettre à la gauche et aux écologistes de peser davantage dans la course présidentielle. La députée de l’Isère a d’ailleurs participé à l’université d’été de LFI, organisée au même moment à Valence.

La deuxième option repose sur une émancipation progressive de Yannick Jadot et sur un rapprochement avec le Parti socialiste et Place publique, le mouvement de Raphaël Glucksmann. Cette orientation pourrait conduire les écologistes à privilégier une alliance avec une gauche sociale-démocrate plutôt qu’un accord avec LFI. La candidature de Raphaël Glucksmann se précise également en vue de 2027.

La troisième voie est celle défendue par Marine Tondelier. La secrétaire nationale des Écologistes refuse de choisir entre Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann. « Je n’ai pas envie de faire la campagne de Jean-Luc Mélenchon, ni celle de Raphaël Glucksmann », assume-t-elle, estimant que cette position est largement partagée par les militants.

Marine Tondelier souhaite plutôt construire une candidature autour d’un projet écologiste et poursuivre la recherche d’une union. À ses yeux, cette stratégie constitue « l’antidote » aux deux principales menaces qu’elle identifie : l’urgence climatique et le risque de voir l’extrême droite accéder au pouvoir.

« Chacun de nos partis détient une partie de la solution pour vaincre l’extrême droite. Et il n’est pas trop tard », affirme-t-elle.

Reste désormais à savoir quelle orientation les adhérents choisiront. Marine Tondelier a confirmé qu’un vote des militants serait organisé afin de trancher la stratégie présidentielle du parti. La date n’est pas encore arrêtée. Elle devrait intervenir « au bon moment », selon la dirigeante.

Dans les rangs écologistes, beaucoup anticipent une décision autour du mois de novembre, après les élections sénatoriales et les primaires du Parti socialiste.

D’ici là, Les Écologistes devront donc continuer à composer avec leurs trois lignes stratégiques. Entre rapprochement avec LFI, alliance avec la gauche sociale-démocrate et volonté de préserver une voie écologiste autonome, le parti apparaît plus que jamais confronté à un choix déterminant pour 2027.

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