La rentrée politique commence à Châteauneuf-sur-Isère. Ce week-end, La France insoumise réunit ses forces dans la Drôme pour ses traditionnels « Amfis ». Et les chiffres donnent le ton : plus de 7 500 personnes sont inscrites, un niveau de mobilisation que le mouvement présente comme inédit pour une rentrée politique en France.

Trois mois après le rassemblement de Saint-Denis, qui avait réuni plus de 20 000 personnes autour de Jean-Luc Mélenchon, les Insoumis veulent démontrer que la dynamique ne retombe pas. Bien au contraire. Dans un paysage politique marqué par les crises successives et l’incertitude, LFI entend occuper le terrain, structurer ses forces et poursuivre la construction d’une alternative politique.
Pendant plusieurs jours, les Amfis vont être un véritable laboratoire militant. 94 conférences, près de 200 invités extérieurs, huit grands entretiens, sept temps forts et 23 sessions de formation sont au programme. Parlementaires, élus locaux, militants, intellectuels, artistes, syndicalistes, acteurs du mouvement social et représentants d’autres forces politiques vont se succéder.
L’enjeu est clair : ne pas se contenter de commenter l’actualité politique, mais continuer à construire un programme et une force capables de porter une rupture avec les politiques menées depuis plusieurs années.
Une dynamique qui dépasse les rangs de LFI
Cette mobilisation intervient alors que Jean-Luc Mélenchon continue de s’installer au cœur du débat sur la prochaine présidentielle. Même ses adversaires reconnaissent désormais la solidité de sa position dans le paysage politique.
Interrogé mardi par La Voix du Nord, Gérald Darmanin estimait ainsi que Jean-Luc Mélenchon pourrait dépasser les 20 % au premier tour. Une déclaration loin d’être anodine de la part d’un responsable politique qui entend pourtant défendre une autre orientation.
Pour LFI, cette reconnaissance vient confirmer une tendance : la candidature Mélenchon est devenue incontournable dans le débat présidentiel. Mais les Amfis doivent surtout permettre de transformer cette dynamique électorale en dynamique populaire et militante.
Des Amfis ouverts aux combats de la société
L’une des particularités de cette édition 2026 réside dans la diversité des personnalités invitées. LFI ne veut pas faire de ses universités d’été un simple rendez-vous interne. Le mouvement entend ouvrir largement ses portes aux intellectuels, aux artistes, aux chercheurs, aux syndicalistes et aux acteurs des luttes sociales et écologiques.
L’autrice Adèle Yon échangera ainsi avec Anaïs Belouassa Cherifi. Éric Vuillard, prix Goncourt pour L’Ordre du jour, dialoguera avec Paul Vannier. L’économiste et philosophe Frédéric Lordon participera à un échange avec Aurélie Trouvé.
La culture populaire aura également toute sa place avec Mami Watta, artiste drag et stand-up et gagnante de Drag Race France All Stars, qui s’entretiendra avec Danièle Obono.
La programmation réunira également Léa Balage, Olivier Besancenot, Manuel Cervera-Marzal, Cyrielle Chatelain, Rébecca Chaillon, Caroline Chevé, Sébastien Delavoux, Issam El Khalfaoui, Didier Fassin, Alice Gayraud, Murielle Guilbert, Waleed Mouhali, Laurent Lavallée, Sylvie Laurent, Agathe Le Berder, Julien Le Guet, Peter Mertens, Claire Palou ou encore Camille Teste.
Cette diversité n’est pas anodine. Elle traduit la volonté des Insoumis de faire des Amfis un espace de confrontation des idées et de convergence des luttes, au-delà des frontières partisanes.
Construire l’alternative plutôt que subir la rentrée
Alors que le pouvoir en place cherche à imposer son agenda et que la droite comme l’extrême droite se disputent une partie croissante de l’espace médiatique, LFI entend démontrer qu’une autre perspective existe.
Les formations, les débats et les rencontres organisés durant ces quelques jours répondent à un objectif : préparer la bataille politique et donner aux citoyens les moyens de prendre part à la transformation du pays.
La séquence de rentrée sera finalement conclue par Jean-Luc Mélenchon. Le leader insoumis prendra la parole dimanche à 10 heures lors du meeting de clôture.
Un rendez-vous très attendu, qui permettra de mesurer l’état de la mobilisation et surtout de connaître les prochaines étapes de la stratégie des Insoumis.