Et si la droite tenait enfin son candidat ? En annonçant sa candidature à la présidentielle de 2027, Xavier Bertrand joue une carte risquée, mais pourrait bien devenir la surprise d’une élection où personne à droite ne semble aujourd’hui s’imposer naturellement.

Xavier Bertrand a choisi son moment. Le président des Hauts-de-France a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle lors de l’université d’été du Medef. Et il a immédiatement fixé une ligne rouge : pas question de participer à une primaire. « On n’est pas obligé de refaire les conneries à chaque fois », a-t-il lancé. Le message est limpide : Xavier Bertrand ne veut pas d’un nouveau concours interne de la droite qui finirait par laisser des traces et par affaiblir le vainqueur.

Il ne veut surtout pas être « un candidat de plus ». Il veut être le candidat de rassemblement. Et c’est précisément là que sa candidature devient intéressante.

La droite cherche encore son champion

À droite, le paysage reste incertain. Bruno Retailleau peine à transformer son discours médiatique en véritable dynamique électorale.  Ses intentions de vote restent modestes (6 à 7% au dernier sondage) et son positionnement passé à l’égard de la macronie nourrit les interrogations.

Édouard Philippe, lui, porte toujours le poids de son passé au gouvernement d’Emmanuel Macron.

Xavier Bertrand peut jouer une autre partition.

Il n’a jamais rejoint Emmanuel Macron. Il n’a jamais voulu se fondre dans la majorité présidentielle. Et surtout, il a toujours combattu le Rassemblement national. Cette indépendance pourrait aujourd’hui devenir son principal argument.

Dans une droite prise en étau entre le macronisme et le RN, Bertrand veut occuper l’espace de la droite républicaine, gaulliste et indépendante.

Face au RN, une ligne claire

Xavier Bertrand a fait de son opposition au Rassemblement national l’un des marqueurs de son parcours politique.

Cette position peut lui coûter des voix à droite, mais elle peut également lui permettre de récupérer une partie d’un électorat conservateur qui refuse de basculer vers le RN.

Son pari est simple : démontrer qu’il existe encore une droite capable de défendre l’autorité, le travail, la sécurité et l’identité nationale sans rejoindre Marine Le Pen.

Une équation difficile. Mais pas impossible.

Son meilleur argument : son bilan

Xavier Bertrand dispose également d’un atout que certains de ses concurrents ne peuvent pas revendiquer de la même manière : une expérience concrète du pouvoir local.

À la tête des Hauts-de-France, il s’est construit une image d’élu de terrain et de gestionnaire. Une expérience qu’il entend transformer en preuve de crédibilité présidentielle. Dans une France où les Français se méfient de plus en plus des professionnels de la politique nationale, cet ancrage peut compter.

Bertrand n’arrive pas de nulle part. Il a été ministre, député, maire et président de région. Il connaît les rouages de l’État comme ceux des collectivités locales.

« Si je cherchais une place… »

Son credo tient en une phrase.

« Si je cherchais une place, je serais ministre depuis dix ans. Si je n’ai pas été avec Macron, ce n’est pas pour aller avec ses héritiers », déclarait-il dans Corse Matin.

Tout est dit.

Xavier Bertrand veut faire de son indépendance une marque de fabrique. Ni Macron, ni RN. Pas question non plus de se laisser enfermer dans une primaire ou dans les querelles intestines des Républicains. Il veut arriver directement devant les Français avec un projet.

Le pari de l’homme providentiel

Alors, Xavier Bertrand peut-il devenir l’homme providentiel de la droite ?

Il serait évidemment prématuré de l’affirmer.

Mais une chose est certaine : sa candidature peut rebattre les cartes.

Si Bruno Retailleau ne parvient pas à décoller, si Édouard Philippe reste identifié au macronisme et si la droite refuse de se résigner à la victoire du RN, un espace pourrait s’ouvrir.

Et Xavier Bertrand entend être là pour l’occuper.

Son pari est audacieux : attendre que les autres candidats s’épuisent dans les sondages, les querelles de personnes et les stratégies d’appareil, pour apparaître comme le recours.

C’est peut-être son meilleur calcul.

Car en politique, l’homme providentiel n’est presque jamais celui que l’on attend. Il est celui qui apparaît lorsque plus personne ne semble capable de s’imposer. Xavier Bertrand peut manifestement être cet homme-là.

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