À l’occasion de la Commission permanente du jeudi 30 avril, les élus régionaux sont appelés à se prononcer sur l’expérimentation d’une action d’« initiation à l’usage de l’intelligence artificielle », inscrite dans le cadre du projet éducatif régional.

Si l’intégration de l’intelligence artificielle dans les pratiques éducatives constitue un enjeu majeur, les élus du groupe Printemps des Pays de la Loire s’interrogent sur les modalités et la cohérence de cette initiative. À ce stade, aucune précision n’a été apportée quant à son coût, ni sur le prestataire chargé d’intervenir auprès des lycéens.
Plus encore, le contenu même de cette expérimentation interroge : il est notamment envisagé que les élèves apprennent à concevoir une application à partir de l’intelligence artificielle.
Pour Guillaume Garot, député de la Mayenne et président du groupe Printemps des Pays de la Loire au Conseil régional :
« L’intelligence artificielle est déjà largement présente dans le quotidien des jeunes. Son usage doit être accompagné, structuré et encadré. Or, Christelle Morançais semble privilégier une approche ponctuelle, sans vision d’ensemble. Il est urgent de construire une véritable politique éducative régionale, intégrant l’IA de manière cohérente et durable. »
Même constat pour Christine Tafforeau-Hardy, conseillère régionale de la Sarthe et membre de la commission lycées :
« L’initiation à l’IA existe déjà dans les établissements, portée par les enseignants et les programmes nationaux. La priorité doit être donnée à une éducation aux usages : comprendre les biais algorithmiques, protéger les données personnelles, lutter contre la désinformation. Ces enjeux essentiels sont aujourd’hui insuffisamment pris en compte. »
Les élus dénoncent également un décalage entre cette annonce et les choix budgétaires récents de la majorité régionale.
« Christelle Morançais a réduit de 45 % les crédits éducatifs d’autonomie, qui permettaient aux établissements de financer des projets essentiels, notamment sur la mémoire de la Shoah ou l’égalité entre les femmes et les hommes. Elle privilégie aujourd’hui des annonces ponctuelles, au détriment d’actions éducatives de fond », conclut Guillaume Garot.