Avec 26 000 participants réunis ce 7 juin à Saint-Denis pour son premier grand meeting de campagne, Jean-Luc Mélenchon affiche une dynamique qui ne passe plus inaperçue. Un mois après avoir officialisé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, le leader de La France insoumise enchaîne les signaux favorables.

Depuis sa déclaration de candidature, Jean-Luc Mélenchon a gagné quatre points dans plusieurs enquêtes d’opinion. Son annonce, réalisée sur TF1 le 3 mai dernier, a été suivie par 5,4 millions de téléspectateurs. Les extraits diffusés par Brut ont, quant à eux, été vus par 4,7 millions de personnes. En cumulant les rediffusions, les réseaux sociaux et les différentes plateformes, les vidéos liées à cette déclaration ont totalisé plus de 22 millions de vues.

La campagne bénéficie également d’une forte mobilisation militante. La plateforme de soutien « Mélenchon 2027 » a enregistré 150 000 parrainages en moins de vingt-quatre heures après son lancement. Un mois plus tard, le compteur dépasse désormais les 300 000 soutiens revendiqués.

Sur les plateaux de télévision, plusieurs observateurs politiques soulignent la solidité de la campagne insoumise. Les commentaires élogieux se multiplient.

Une chroniqueuse politique estime ainsi que « Mélenchon est celui qui représente le mieux la gauche », ajoutant qu’il est « le meilleur » et qu’elle ne voit pas « comment on peut l’empêcher d’être au second tour », allant jusqu’à affirmer qu’« il va gagner ».

Le politologue Benjamin Morel souligne pour sa part : « Il a une machine de guerre, LFI, derrière lui. C’est un bon candidat. »

Autre politologue, Brice Socco considère qu’« aujourd’hui, c’est Jean-Luc Mélenchon qui représente les valeurs de la gauche ».

François Pupponi, ancien député (MODEM), estime également que le candidat insoumis « va être très bon pendant la campagne » et déclare ne pas voir « comment on peut l’empêcher d’être au deuxième tour ».

Même constat chez Laurence Sailliet, ancienne députée Les Républicains : « Tout est totalement organisé et ils vont dérouler leur campagne avec une grande puissance. Il va attirer derrière lui des électeurs de gauche ; ce n’est ni Jérôme Guedj, ni Olivier Faure, ni Clémentine Autain qui pourront mener une campagne de cette ampleur. »

Le journaliste Alain Duhamel a lui aussi relevé plusieurs caractéristiques de la candidature Mélenchon, jugeant notamment qu’il est « le plus novateur », affirmant qu’il est « anti-israélien mais pas antisémite » et soulignant que « les Insoumis sont structurés, ils travaillent, ils ont un programme ».

Premières annonces programmatiques

À Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon a présenté plusieurs orientations qui viendront enrichir le programme présidentiel. Celui de 2022, composé de 831 mesures, est actuellement en cours d’actualisation afin de prendre en compte les évolutions économiques, sociales et écologiques. La version définitive devrait être présentée à l’automne.

Le candidat a d’abord réagi à la mort de Lyhanna, qualifiant ce drame de « crime odieux, révoltant et dégradant ». Selon lui, les politiques de réduction budgétaire contribuent à fragiliser les services publics chargés de la sécurité et de la justice. Il a notamment dénoncé le manque de moyens accordés à la justice et à la police judiciaire.

Sur le plan social, Jean-Luc Mélenchon a annoncé qu’il porterait le SMIC à 1 700 euros et a réaffirmé son engagement en faveur du retour de la retraite à 60 ans ou après 40 annuités de cotisation.

Planification et régionalisation écologique : Il souhaite renforcer le rôle des communes et structurer davantage les politiques publiques autour de la gestion de l’eau. Selon lui, les bassins versants et les agences de l’eau doivent devenir les piliers d’une nouvelle organisation territoriale visant un double objectif : « zéro pollution » et « zéro épuisement de la ressource en eau ».

« La victoire est possible »

En conclusion de son meeting, Jean-Luc Mélenchon a appelé à la mobilisation face au Rassemblement national.

« C’est nous qui avons gagné l’honneur de marcher en première ligne », a-t-il déclaré devant les milliers de participants rassemblés à proximité de la mairie de Saint-Denis.

S’adressant plus largement aux électeurs et responsables de gauche, il a lancé : « Qui que vous soyez, dans quelque parti que vous soyez, surtout si c’est de gauche, vous ne pourrez pas dire, si malheur arrive : “Je ne savais pas”. »

Avant de conclure son discours par un message d’optimisme destiné à ses partisans : « La victoire est possible. »

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