Entre 3 000 et 4 000 personnes ont assisté au meeting de Bruno Retailleau. Une mobilisation honorable, mais loin de la démonstration de force espérée par le président des Républicains, qui peine encore à rassembler l’ensemble de sa famille politique.

Les absences de poids étaient particulièrement remarquées : Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand et Jean-François Copé ont boudé l’événement. À l’inverse, Valérie Pécresse, Michel Barnier, François Baroin et Gérard Larcher avaient fait le déplacement. Une image qui illustre les divisions persistantes au sein de la droite.
Sur le fond, Bruno Retailleau a présenté quelques axes de son projet. « Je vous propose de remettre la France à l’endroit », a-t-il lancé, évoquant l’immigration, la réforme de la justice et un nouveau modèle social « qui ne soit pas celui du chacun pour soi ». Il a également dénoncé « l’assistanat » et promis une baisse de la pression fiscale sur les entreprises.
Le patron de LR a aussi défendu une « écologie de droite », qu’il présente comme « une écologie du bon sens, qui ne punira pas, qui ne dénoncera pas, qui n’interdira pas ». Une formule qui se veut rassurante, mais qui laisse en suspens les mesures concrètes et les objectifs poursuivis.
Bruno Retailleau s’est également attaqué au modèle social français, qu’il accuse de « sacrifier les classes moyennes ». Selon lui, « on prend à ceux qui travaillent pour donner à ceux qui ne travaillent pas » et « 30 % des Français qui travaillent soutiennent l’ensemble de notre modèle social ». Un diagnostic qui se veut alarmant et destiné à séduire un électorat de classes moyennes en quête de reconnaissance.
Sur l’immigration, il a précisé ne « pas être pour l’immigration zéro », estimant qu’il faut pouvoir « choisir ceux que nous voulons accueillir ». Il a toutefois mis en garde contre des populations qui seraient, selon lui, porteuses de « codes et d’une culture radicalement opposés à la nôtre ».
Comme nombre de candidats avant lui, Bruno Retailleau a également promis de « rendre la parole au peuple français » en élargissant le recours au référendum par une révision constitutionnelle. Une promesse récurrente dans le débat politique français, mais rarement concrétisée.
Bruno Retailleau s’en est également pris à La France insoumise en affirmant que « la nouvelle France, c’est la fin de la France », ce qui démontre à l’évidence qu’il n’a rien compris au concept de « nouvelle France » et qu’il se contente de proférer des fake news.
En dénonçant le bilan d’« En Marche », Bruno Retailleau tente de prendre ses distances avec le macronisme et de faire oublier qu’il a lui-même été ministre du gouvernement d’Emmanuel Macron. Une posture qui nourrit les accusations de contradiction, d’autant que la droite a noué, lors de plusieurs élections municipales, des alliances avec des élus de la majorité présidentielle, notamment à Nantes, son propre territoire politique.
À environ 9 % dans les sondages, Bruno Retailleau assure qu’il ira « jusqu’au bout ». Mais pour l’heure, sa candidature peine à décoller. Entre discours de rupture et contradictions perçues, le patron de LR est confronté à une question essentielle : peut-on incarner le renouveau tout en restant dans l’ambiguïté politique ?