Le récent piratage de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) vient renforcer les inquiétudes de la Coordination Rurale concernant la facturation électronique. Données clients, fournisseurs, transactions et flux économiques : les informations détenues sur les exploitations agricoles sont sensibles et stratégiques. Dans ce contexte, la Coordination Rurale demande à l’État de suspendre la réforme tant que des garanties suffisantes ne sont pas apportées.

« Facturation électronique : les agriculteurs ne sont pas des fraudeurs à la TVA !
Après avoir alerté sur le coût et la complexité de la facturation électronique, la Coordination Rurale le dit clairement : les agriculteurs ne sont pas des fraudeurs à la TVA qu’il faudrait placer sous surveillance numérique permanente.
Le récent piratage de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) donne une autre dimension à cette réforme. Des données concernant près de 700 000 particuliers et professionnels ont été consultées ou extraites. Le ministre de l’Action et des Comptes publics a présenté les excuses du Gouvernement et reconnu la nécessité de renforcer la cybersécurité de l’État.
Comment demander aux agriculteurs de confier toujours davantage de données économiques sensibles lorsque l’État peine déjà à protéger celles qu’il détient ?
Les données agricoles sont des données stratégiques !
Clients, fournisseurs, transactions, volumes, flux économiques : ces informations ne sont pas de simples données comptables. Agrégées ou détournées, elles peuvent révéler des informations précieuses sur notre appareil productif et exposer certaines vulnérabilités stratégiques et économiques de la France en matière alimentaire.
Dans un contexte géopolitique instable, protéger les données agricoles, c’est donc aussi protéger notre souveraineté alimentaire.
Et pendant que l’État organise cette nouvelle collecte numérique, les agriculteurs affrontent une sécheresse aux lourdes conséquences économiques. La priorité est-elle vraiment de leur imposer une nouvelle contrainte administrative ?
La Coordination Rurale demande la suspension de la mise en œuvre de la facturation électronique pour les exploitations agricoles, tant que l’État n’apportera pas de garanties solides sur la sécurité, la confidentialité et la souveraineté de leurs données.
Bertrand Venteau, président de la Coordination Rurale :
« Nous ne sommes pas des fraudeurs à la TVA ! Nos données économiques sont sensibles et stratégiques. Elles renseignent sur notre capacité à nourrir le pays. L’État vient de démontrer ses propres vulnérabilités : qu’il commence par sécuriser ses systèmes avant de nous imposer de nouvelles obligations numériques. »
Protéger les données de notre agriculture, c’est aussi protéger la souveraineté alimentaire de la France.