
Devant 5 000 personnes, la candidate du Rassemblement national a posé les premiers jalons de sa campagne présidentielle. Au programme : alternance politique, mérite scolaire et identité française. Mais le congrès a aussi été marqué par l’expulsion brutale d’une équipe de Mediapart.
Le Rassemblement national a lancé sa campagne présidentielle à Orléans devant 5 000 sympathisants. Jordan Bardella et Éric Ciotti se sont succédé à la tribune avant de laisser place à Marine Le Pen. Venue soutenir sa tante, Marion Maréchal était également présente.
Mais le congrès n’a pas été qu’une démonstration de force politique. Samedi, une équipe de Mediapart a été brutalement expulsée de la salle par le service d’ordre du parti. L’incident a contraint le RN à présenter ses excuses. En interne, pourtant, on minimise : « Un événement anecdotique ».
La promesse d’une « renaissance »
Donnée favorite de la présidentielle de 2027 dans les sondages, Marine Le Pen entend faire de cette campagne celle du renouveau. À Orléans, elle a décliné sa promesse de « renaissance » pour la France, en prenant soin de la distinguer d’un simple retour au passé.
« Je ne vous propose pas de revenir à la France d’avant, mais de construire la France de demain », a-t-elle lancé. Derrière cette formule, la candidate a revendiqué une ambition politique claire : « offrir au pays une grande alternance, une vraie alternance ».
Le message est celui d’une rupture présentée comme nécessaire, mais adossée à une certaine idée de la France passée. L’école en constitue l’un des piliers. Marine Le Pen a promis de remettre « à l’honneur » la lecture et de restaurer « l’école du mérite avec le retour de la promotion républicaine ».
Une France attachée à ses racines
Autre axe central du discours : l’identité. Marine Le Pen a défendu une conception de la société fondée sur l’attachement à la famille, aux territoires et à la culture nationale.
« Pour nous, l’Homme est avant tout un être d’affection, un être attaché à une famille, à une ville ou un village, à une région, à un pays, à une culture, à une langue, à un art de vivre », a-t-elle déclaré.
La candidate a ainsi fait de l’enracinement territorial et culturel un élément central de son projet politique. Une vision qu’elle a résumée dans une formule destinée à marquer les esprits : « Je veux que demain, on puisse dire dans le monde : C’est beau, c’est français ! »
L’impartialité en question
Marine Le Pen a enfin annoncé avoir « quitté la présidence du Rassemblement national » et exprimé son intention de renoncer à ses fonctions à la tête du groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, invoquant une exigence d’impartialité.
À Orléans, la candidate a donc cherché à imposer le récit d’une France à reconstruire, entre promesse de rupture et célébration d’un héritage national. Reste que le lancement de sa campagne a aussi été marqué par un épisode qui interroge les pratiques du parti envers la presse. Une contradiction entre le discours de rassemblement et les conditions dans lesquelles certains journalistes ont été traités.