Avant-hier matin, le 13 mars, le ministre des finances Bruno Lemaire, nous annonçait, du haut de sa stature gouvernementale, que toute la finance française était sous contrôle après les fortes turbulences du secteur bancaire américain dues à la faillite de la Silicon Valley Bank:

Bruno Lemaire

« Je ne vois pas de risque de contagion, donc il n’y a pas d’alerte spécifique », a-t-il déclaré sur FranceInfo. « Nous avons des banques qui sont solides », « un système bancaire qui est solide » et « un ratio de liquidités qui est élevé », a affirmé M. Le Maire en ajoutant que les établissements bancaires français avaient « des secteurs d’activité très diversifiés ». « Calmez-vous, calmez-vous, et regardez la réalité ! », a-t-il martelé dans l’après-midi face à des investisseurs. « La réalité c’est que le système bancaire français n’est pas exposé à la SVB. Il n’y a pas de liens entre les différentes situations » aux Etats-Unis et en Europe »

Cette version du « dormez tranquille, braves gens » pourrait nous faire rigoler, une fois de plus, si le sujet était moins grave. Malheureusement pour notre ministre, les dieux de la finance n’ont pas dû l’entendre et, après une journée où les actions bancaires se sont redressées, conduisant le petit monde de la banque vers une béatitude retrouvée, voila-t-y pas que c’est au tour du Crédit Suisse de faire des siennes en venant ternir ce bel enthousiasme.

Ce matin , l’action dévissait de plus de 20 %, entraînant les grandes banques françaises qui, apparemment, n’avaient pas compris les propos de Bruno Lemaire. C’est ainsi que la BNP et la Société Générale voyaient leurs titres dévisser de plus de 10 % à la mi-journée. Pour diversifiés que soient leurs secteurs d’activité, ils n’ont pas pour autant protégés ces banques et le système bancaire  français soit disant solide et gorgé de liquidités, semble connaître quelques difficultés.

D’autant que les autres banques européennes ne sont pas à la noce non plus puisque, sans parler du Crédit Suisse, on relevait les chiffres suivants :

Banco Sabadell – 9,00 %, ING – 7,53 %, Commerzbank – 9,11 %, Deutsche Bank – 8,1 %, Unicredit – 7,45 % .

Monsieur Lemaire devrait demander aux experts qui l’entourent un petit topo sur l’interdépendance des banques européennes (simple suggestion)…

Ce fut ensuite au tour le la Première Ministre de monter au créneau afin de nous expliquer doctement, parlant du problème du Crédit Suisse que : « ce sujet est du ressort des autorités suisses »  qui n’est pas sans rappeler la célèbre déclaration de John Connally en 1971 :

« Le dollar est notre monnaie et c’est votre problème »

Notre chère Première Ministre oublie simplement que même si c’est du ressort des Suisses, c’est quand même nous (entre autres) qui en paieront les conséquences…

Aux dernières nouvelles, l’actionnaire majeur du Crédit Suisse qui est la banque nationale saoudienne, refusait de mettre la main au porte-monnaie pour augmenter son capital. Personne ne sait encore comment tout ceci va évoluer, mais il est des déclarations tonitruantes qu’il vaut s’abstenir de faire, surtout lorsqu’elles sont démenties dans les 48 heures…

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