Les annonces du Gouvernement demeurent largement insuffisantes au regard de la situation dramatique que fait peser cet épisode exceptionnel de canicule sur l’ensemble du territoire national. Sans apport supplémentaire en eau, de nombreuses cultures risquent d’être gravement affectées, voire compromises pour le reste de la saison.

La Coordination Rurale exige des préfets un assouplissement des mesures de restriction actuellement imposées afin de préserver les cultures et de limiter les conséquences du manque d’eau et des fortes chaleurs sur les élevages. Face à ces températures extrêmes, les besoins en équarrissage augmentent également. L’État doit mobiliser davantage de moyens afin de prévenir les risques sanitaires.
Notre syndicat dénonce les nombreux arrêtés pris ces derniers jours visant à restreindre l’usage de l’eau destinée à l’irrigation. Ces décisions menacent directement la production agricole et fragilisent davantage des exploitations déjà confrontées à des conditions climatiques exceptionnelles. Ces restrictions apparaissent d’autant plus difficiles à comprendre que certaines réserves d’eau conservent encore des niveaux satisfaisants.
Les décisions gouvernementales doivent être adaptées sans délai aux réalités agricoles de chaque territoire afin de répondre aux besoins urgents des cultures insuffisamment alimentées en eau. Il est impératif d’agir rapidement pour éviter l’accumulation de pertes économiques qui pourraient s’avérer considérables pour les exploitations agricoles.
Permettre l’irrigation des cultures aujourd’hui, c’est aussi préserver l’autonomie alimentaire de notre pays dans les mois à venir. Le secteur agricole doit pouvoir bénéficier de dérogations spécifiques lorsque les circonstances l’exigent, afin de sauvegarder les récoltes et de permettre aux agriculteurs de poursuivre leur activité. Acteurs responsables de la gestion des ressources, les agriculteurs doivent pouvoir bénéficier de la confiance des pouvoirs publics pour protéger des cultures déjà fortement fragilisées par les épisodes successifs de canicule observés depuis le début du printemps.
La Coordination Rurale alerte également sur le risque croissant lié à la multiplication des friches agricoles. Leur développement favorise l’augmentation du risque d’incendie dans les territoires ruraux. À l’inverse, le maintien d’une activité agricole contribue à l’entretien des paysages et participe à la prévention de ces risques.
Sur le plan politique, dans un contexte marqué par la baisse des précipitations et la récurrence des épisodes climatiques extrêmes, il apparaît indispensable de repenser les politiques d’anticipation, de stockage et de gestion de l’eau durant la période hivernale. Le projet de loi d’urgence agricole, actuellement examiné au Sénat, doit pleinement intégrer ces enjeux stratégiques pour l’agriculture française.
La Coordination Rurale appelle donc à une réforme ambitieuse de la politique de l’eau en faveur de l’agriculture afin de préparer l’avenir, en conciliant la gestion des sécheresses estivales avec l’anticipation des épisodes de fortes précipitations et d’inondations.
La Coordination Rurale formule régulièrement des propositions concrètes en matière d’anticipation et de gestion de la ressource en eau. Notre syndicat attend désormais du Gouvernement davantage de pragmatisme et de réactivité face à des épisodes de canicule qui, selon toute vraisemblance, continueront à se multiplier dans les années à venir.