Dans un contexte où les prairies sont grillées et où les éleveuses et les éleveurs peinent à nourrir leurs animaux, continuer à orienter du fourrage vers les méthaniseurs est un choix politique inacceptable. La Confédération paysanne appelle à des mesures d’urgence pour réserver ces ressources aux élevages.

« Alors que les éleveuses et les éleveurs traversent l’une des pires sécheresses depuis cinquante ans, les stocks de fourrage s’épuisent à une vitesse alarmante. Dans de nombreux territoires, les prairies sont grillées, les récoltes sont fortement compromises et les exploitations sont contraintes d’entamer leurs réserves.

Dans ce contexte exceptionnel, il est incompréhensible que du fourrage continue d’être orienté vers les unités de méthanisation alors qu’il est indispensable pour nourrir les troupeaux. La priorité doit être claire : les terres agricoles doivent d’abord produire de l’alimentation, pour les animaux comme pour les êtres humains, et non alimenter des digesteurs.

Cette situation met en lumière les dérives d’un modèle de méthanisation qui, lorsqu’il repose sur des cultures ou du fourrage dédiés, entre directement en concurrence avec la vocation nourricière de l’agriculture. Les aides publiques ne peuvent pas encourager des pratiques qui fragilisent encore davantage les élevages en période de crise climatique.

La Confédération paysanne demande que des mesures d’urgence soient prises afin de suspendre l’utilisation de tous les fourrages destinés à la méthanisation tant que les besoins alimentaires des troupeaux ne sont pas couverts. Les ressources fourragères doivent être réservées en priorité aux élevages.

Face au dérèglement climatique, il est indispensable de repenser nos politiques agricoles et énergétiques. La méthanisation peut avoir sa place lorsqu’elle valorise les effluents d’élevage, les déchets agricoles et les résidus de culture. En revanche, elle ne doit jamais conduire à détourner des ressources essentielles à l’alimentation.

Aujourd’hui, la solidarité avec les éleveuses et les éleveurs doit primer sur toute autre considération. Nourrir les troupeaux est une nécessité. Alimenter les méthaniseurs avec du fourrage en pleine sécheresse est un non-sens. »

Cet article a 3 commentaires

  1. CSNM

    Cela fait 8 années que le CSNM dénonce les concurrences à la surface, qui deviennent de plus en plus prégnantes. Faudra-t-il ces épisodes de sécheresse, et ceux à venir encore plus sévères, pour que l’Etat et nos politiques prennent conscience de la gravité de la situation ? Merci à la CP pour ses alertes !
    Le CSNM

  2. Petit patrice

    Dans le Tarn et Garonne, de nouveaux projets voient le jour, et il est clair que leur proximité laisse apparaître qu’ils concourent pour les mêmes surfaces d’épandage de digestat. Il est à noter que les digestats ne sont pas des fertilisants et qu’ils dégradent les sols au long terme sans compter que leur épandage présente un très haut risque de contamination des zones de captage des eaux potables (c’est particulièrement le cas sur le rebord du causse du Quercy). Ces installations font monter le coût des terres agricoles, détourne l’usage du foin, concentre les exploitations, change la donne agricole et la qualité du traitement des animaux. Un désastre annoncé. L’alerte est donnée, va-t-on en tenir compte. Patriec Petit pour l’association YACA-82

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