Image TF1 Edouard Philippe s’est improvisé marchand de frites à Tourcoing

À quelques mois de la présidentielle, Édouard Philippe se projette déjà vers l’après-2027. Invité dimanche à Tourcoing par Gérald Darmanin, le patron d’Horizons a défendu la création d’une nouvelle structure commune à la droite et au centre, destinée notamment à présenter un candidat unique dans chaque circonscription aux élections législatives.

La présidentielle n’est pas encore jouée qu’Édouard Philippe pense déjà aux élections législatives qui devraient suivre. Invité dimanche 30 août à l’événement de rentrée organisé par Gérald Darmanin à Tourcoing, l’ancien Premier ministre a plaidé pour une nouvelle organisation capable de rassembler les forces du centre et de la droite.

Le maire du Havre envisage ainsi la création d’« un nouveau parti », voire d’« une confédération de partis », avec un objectif précis : présenter « des candidats uniques dans chaque circonscription » lors des législatives de 2027.

Une proposition qui intervient alors que les initiatives se multiplient au centre et à droite, entre les candidatures déclarées ou envisagées de Gabriel Attal, Bruno Retailleau, Bruno Le Maire et Édouard Philippe lui-même. Face à cette dispersion, le chef d’Horizons entend préparer dès maintenant les conditions d’un rassemblement capable de dégager une majorité parlementaire.

Un rassemblement sans reproduire l’UMP

Édouard Philippe prend toutefois soin de se démarquer de l’expérience de l’UMP. Créée en 2002 dans le sillage de la réélection de Jacques Chirac, l’Union pour un mouvement populaire avait regroupé différentes sensibilités de la droite et du centre afin de permettre au président nouvellement élu de disposer d’une majorité à l’Assemblée nationale.

« Il ne s’agit pas de refaire l’UMP », a insisté Édouard Philippe. Selon lui, l’enjeu serait plutôt de construire « le contrat de gouvernement, ou le nouveau parti, ou la nouvelle confédération de partis » permettant à ceux qui souhaitent travailler ensemble de « gouverner ensemble ».

L’ancien Premier ministre défend donc moins une fusion des formations existantes qu’une organisation commune autour d’un projet et d’engagements partagés.

Un « contrat de majorité » pour les candidats

Le dispositif imaginé par Édouard Philippe reposerait notamment sur l’investiture de candidats uniques dans chaque circonscription. Ces candidats devraient s’engager sur un « contrat de majorité » et se présenter sous « une bannière commune ».

Pour justifier ce rassemblement, le président d’Horizons a énuméré les principes qu’il souhaite voir réunir : le respect de l’État de droit et du modèle démocratique, l’attachement à la construction européenne, le choix d’une économie de marché, la défense d’une école fondée sur le mérite et l’excellence républicaine, mais aussi la prise en compte de l’urgence climatique et la protection de la dignité de chacun.

À ces valeurs s’ajoutent, selon lui, la défense des intérêts et de la sécurité de la France.

L’objectif politique est clairement assumé : rassembler suffisamment largement pour empêcher une victoire des forces situées aux deux extrêmes de l’échiquier politique. Édouard Philippe a ainsi appelé ceux qui partagent ces principes à s’unir afin que la France ne bascule « ni dans la soi-disant “nouvelle France” de LFI, ni dans l’identitarisme nationaliste et gauchisant de madame Le Pen ».

Une stratégie qui ressemble déjà à une coalition

Dans les faits, le projet avancé par Édouard Philippe rappelle fortement le fonctionnement de l’UMP, même s’il refuse cette comparaison.

En 2002, la nouvelle formation avait remporté une large victoire aux législatives et permis à Jacques Chirac et à son Premier ministre Jean-Pierre Raffarin de disposer d’une confortable majorité absolue, avec 365 députés.

Le précédent reste également présent dans les esprits après le raz-de-marée macroniste de 2017. Sous la bannière de La République en marche, Emmanuel Macron avait lui aussi obtenu une large majorité à l’Assemblée nationale quelques semaines après son élection.

Dans les deux cas, les candidats et futurs députés avaient été invités à se conformer à une ligne politique et à un engagement commun. Une discipline parlementaire qui avait parfois valu à certains élus d’être qualifiés de « godillots ».

Édouard Philippe assure donc vouloir éviter la reproduction de ce modèle, tout en reprenant l’une de ses principales recettes : unir des formations différentes autour d’une bannière commune, investir un seul candidat par circonscription et obtenir, au lendemain de la présidentielle, une majorité suffisamment solide pour gouverner.

Derrière la recherche d’efficacité électorale, cette stratégie soulève toutefois une autre question : celle du pluralisme. En imposant un candidat unique par circonscription et une bannière commune, elle peut aussi être perçue comme une manière de verrouiller le débat politique et d’appauvrir la confrontation démocratique.

Reste désormais à savoir quelles formations accepteront de rejoindre cette entreprise et, surtout, qui en portera la bannière à l’issue de la présidentielle de 2027.

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