Les récentes années que nous venons de vivre ont permis au système volontairement caché qui prétend diriger le monde pour l’éternité de sortir de l’ombre propice dans laquelle il se tapissait. Le réchauffement anthropique, le COVID, les guerres ne sont, somme toute, que des sous-produits d’un système qui se sait moribond, mais qui veut vivre coûte que coûte (quel que soit le prix, disait Emmanuel Macron).

Nous pensions qu’il nous parlait de l’économie française, mais je crois plutôt qu’il agissait de concert avec les autres décideurs qui ont décidé de rallier la vision d’un monde monopolaire et globalisé.

Une année charnière

2019 a été l’année des grandes décisions. L’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche a contrecarré les projets de l’Etat-profond américain, lui-même dépendant en grande partie de la puissance financière de la City qui règne sur la finance mondiale depuis près de trois siècles.

La franchise de Donald Trump les a désarmés dans un premier temps, mais rapidement est venu le temps de la riposte. Parmi les priorités, empêcher la réélection en 2020 de Trump pour qu’il ne continue pas sa destruction systématique de cet Etat profond pourtant dénoncé au peuple américain par Eisenhower en 1961 et Kennedy en 1963.

Quitte à sortir au grand jour, autant le faire en précipitant les choses, ou du moins en les accélérant pour tenter de prendre de court le monde non-occidental. La réunion des banquiers centraux de Jackson Hole (Wyoming) a été la salve de réglage. Il s’agissait de « tuer le dollar » avant qu’une autre monnaie, probablement chinoise, lui dame le pion. La méthode à employer était « d’utiliser le système monétaire du dollar jusqu’à sa limite.

Apparue fort opportunément, la pandémie du Covid justifia une vague d’emprunts sans précédent, en particulier aux USA et en UE, justifiant ainsi le « quoi qu’il en coûte »

C’est ainsi qu’il y eut un avant et un après 2019.

Le temps de la surenchère

A peine la pandémie derrière nous, la guerre en Ukraine éclata. Le narratif occidental la présenta comme une agression de l’Ukraine par la Russie qui justifia immédiatement une pluie de sanctions économiques sur cette dernière qui devait gentiment « mettre à terre son économie ».

Difficile de croire que cette guerre avait éclaté spontanément. Les fameux accords de Minsk de 2014 n’avaient pas été honorés et nous avons même appris que les Occidentaux (Merkel et Hollande), avec le patronage de l’OTAN, les avaient signés juste pour gagner du temps pour  permettre d’armer l’Ukraine. En outre, depuis 2014, ce sont les canons ukrainiens qui bombardaient les provinces de l’Est de l’Ukraine, faisant au passage plus de 14 000 victimes.

Question fair-play, peut mieux faire.

Assez bizarrement, ces sanctions touchèrent surtout les pays de l’UE en raison de leur dépendance aux produits énergétiques russes. Pourtant, aucun de leurs dirigeants n’émit la moindre protestation.

Bien au contraire, ils votèrent ces sanctions avec une touchante unanimité.

Joueur de poker américain contre russe joueur d’échecs, la Russie, apparemment en toute connivence avec les autres BRICS, donna le signal de la riposte en exigeant le paiement de ses produits énergétiques en roubles. Et ce qui était peut-être l’impensable pour la finance mondiale se produisit. Les BRICS emboîtèrent le pas à la Russie en préférant au dollar leurs monnaies respectives pour les échanges.

C’est un évènement majeur pour les mondialistes dont l’instrument de domination est le pouvoir exorbitant d’émettre de la monnaie créée à partir de rien, garantie en tant que dette d’État par les contribuables américains au départ, puis revendue par la Réserve Fédérale aux autres pays. Ainsi, cette dette colossale n’a eu jusqu’à présent aucun effet négatif sur l’économie américaine, bien au contraire.

Pour accélérer ce phénomène, certains alliés traditionnels des Etats-Unis, parmi lesquels des pays arabes, gros producteurs de pétrole, ont décidé au mois d’août 2023 de rejoindre ce camp des BRICS élargi en acceptant d’être payé dans une autre monnaie que le dollar pour fournir leur pétrole.

Étrange coïncidence, quelques semaines plus tard éclataient une guerre entre les Palestiniens et les Israéliens, après une attaque d’une cruauté insupportable du Hamas de la bande de Gaza envers certains kibboutz du sud israélien. En apparence, rien ne relie ces évènements entre eux. Simple coïncidence chronologique qui fait que sur les six pays rejoignant les BRICS, quatre soient dans l’entourage géographique d’Israël dont trois sont d’importants producteurs de pétrole.

Ursula von der Leyen

Quel avenir pour l’Europe de l’Ouest ?

De son côté, l’Union européenne ne semble pas avoir de religion bien établie concernant le bouleversement mondial qui se déroule sous nos yeux. Pourquoi une telle attitude alors que, dans ce futur monde multipolaire qui s’annonce, même l’éminent docteur Schwab (celui du « great reset ») écrit que les futurs pôles de ce monde seront les continents.

Or, notre continent, l’Europe, semble totalement absent de ce débat. Le Conseil de l’Europe qui réunit les chefs d’État ignore totalement cette évolution prévisible. La vision du général de Gaulle de « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural » semble volontairement ignorée. Que va devenir l’Europe de l’Ouest si, comme s’efforce de l’y pousser l’Union européenne, la Russie se tourne définitivement vers l’Asie.

Tous les autres continents disposent de ressources et de matières premières qui leur confèrent une autonomie et une indépendance, sans lesquelles il ne peut y avoir de souveraineté. Le chemin dans lequel nous conduit l’Union européenne aujourd’hui est celui de la servitude par la dépendance et pourtant, certains euro-mondialistes continuent de parler de « souveraineté européenne »

Berceau des révolutions industrielles, cette Europe risque fort de se transformer, par manque d’une énergie abondante et bon-marché, en gigantesque friche industrielle.

La France, qui avait pourtant su anticiper ses besoins énergétiques avec son plan de développement du nucléaire cohérent qui devait, passant de la filière des neutrons lents à celle des neutrons rapides,

lui procurer une autonomie de plus de 10 siècles, a vu tout ceci réduit à néant par les choix de l’Union européenne, soumis à l’écologie internationale, qui a systématiquement suivi, voire amplifié les décisions en matière de transition énergétique. Champions avérés du « tout renouvelable », les Allemands essayent de faire passer le nucléaire comme énergie non-renouvelable, alors même que l’insuffisance constatée du renouvelable leur impose d’utiliser des centrales à charbon. Où est la cohérence ?

Pour avoir cédé à ces « diktats », et avoir accepté le principe d’extraterritorialité conférée au droit américain par l’emploi du dollar, nous nous trouvons aujourd’hui dans une impasse énergétique.

Pire encore, pour avoir accepté la règle du « marché européen » imposée par l’UE, ce sont des pans entiers de notre économie qui sont menacés.

En matière de défense, les choses s’accélèrent également. Après avoir décidé d’autorité de s’engager dans le soutien de l’Ukraine contre la Russie, alors qu’une certaine « neutralité gaullienne » eut été préférable, la Commission Européenne, constatant les carences des industries d’armement des pays de l’UE, veut maintenant prendre le contrôle de leur production.

Dire qu’on nous a vendu : « l’Europe, c’est la paix !»

Vers un fédéralisme à marche forcée

Le résultat de tous ces errements est que les peuples européens ne croient plus, pour une large part, dans cette Union européenne, qui n’a jamais réellement défendu les intérêts européens, préférant depuis sa création l’air du « grand large américain »

Les prochaines élections du mois de juin 2024 s’annonçant plutôt mal, les euro-fédéralistes qui dirigent depuis toujours la Commission Européenne et lui ont fait outre-passer son rôle en s’autoproclamant « gouvernement de l’Union européenne » veulent « transformer cet essai » par le biais d’une « refondation » des traités européens. La logique démocratique dont se pare encore l’UE voudrait qu’on profite de ces élections pour exposer les grandes lignes de ces modifications.

Pas de chance ! Les propositions seront divulguées après.

Secret de Polichinelle, il est évident que nous pouvons facilement les deviner. Et c’est peut-être une dernière chance qui nous est offerte de rompre avec toutes ces manœuvres, toutes ces circonvolutions, toutes ces manipulations d’opinion dans lesquelles se disqualifient ceux qui, par ailleurs, viennent solliciter que nous leur fassions, une fois de plus, confiance.

Le peuple français a su, le 29 mai 2005, rejeter le Traité constitutionnel qu’il s’est vu imposer par une forfaiture sous la forme du traité de Lisbonne et nous devons nous en souvenir.

Aujourd’hui, les choses vont trop loin et les perspectives destructrices deviennent de plus en plus apparentes. Visiblement, beaucoup de peuples européens demeurent très attachés à leurs nations et n’acceptent pas qu’elles disparaissent.

Quel est celui qui donnera le signal que tous attendent ?

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