Dans son du discours du 14 juin 1960, le général de Gaulle fait une analyse qui est restée d’une extraordinaire actualité. Il énonce les mesures indispensables pour restaurer « la vie de la Nation »

– Etablir sur une base solide et stable la production, les échanges, les finances et la monnaie.

– Donner un coup d’arrêt à la facilité afin d’éviter la récession.

Il pose les termes d’un choix crucial : soit la France redevient un grand Etat industriel, soit elle se résigne au déclin.

N’y a-t-il pas une certaine similitude avec ce que nous vivons actuellement ?

La différence énorme est qu’aujourd’hui une grande partie de notre classe politique ne croît plus dans la France et ne veut plus agir à contre-courant d’une pensée dominante,  infusée en permanence par nombre de médias « mainstream ». Quelques voix s’élèvent cependant pour tenter de réveiller l’immense foule silencieuse, comme anesthésiée par des années de pensée unique  non contredite par le débat.

La réalité, c’est la désindustrialisation française

Nous sommes passé d’un état de pays fortement industrialisé, possédant indépendance et autonomie dans les grands secteurs vitaux tels que l’agriculture, la pêche, le textile et, pour une part importante, de l’énergie, à un pays presque entièrement dépendant du bon vouloir des autres.

Alors que nos anciens avaient su prévoir les moyens pour assurer cette liberté de choix qu’on appelle la souveraineté, nous découvrons aujourd’hui la réalité perçue par de Gaulle il y a plus de cinquante ans : La France semble s’être résignée au déclin.

Cela est le résultat de plusieurs décennies de discours lénifiants durant lesquelles, la plupart du temps pour des raisons idéologiques, des décisions contraires à l’intérêt du peuple français ont été prises, d’une manière insidieuse.

C’est ainsi que des pans entiers de notre économie tels que la sidérurgie par exemple, ou bien l’agriculture sont en train de disparaître, sans qu’aucun responsable politique ne s’élève contre ce qui est une « démolition programmée ». Gravissime également est la scission entre nos élites « métropolitaines » qui se sentent plus « citoyens du monde que citoyens français » et qui voient dans l’eurofédéralisme une avancée prometteuse vers un monde global dirigé par la finance internationale et le « petit peuple » des obscurs et des sans-grade à qui l’on vante constamment les bienfaits de la démocratie et du supranational.

Des corps constitués qui vivent dans le déni de réalité

Au sujet de la démocratie, l’épisode de la loi sur l’immigration serait « croustillant »  s’il n était pas aussi grave. Un texte de loi qui n’avait même pas passé le cap de la 1ère lecture à l’Assemblée Nationale tant il était inconvenant a trouvé sa prolongation devant le Sénat. Un certain nombre d’amendements ont rendu acceptable ce texte a été voté par une majorité des députés.

Mais c’était sans compter sur le Conseil Constitutionnel qui a éliminé tous les apports du Sénat, redonnant ainsi au texte de loi son contenu initial.

Voilà comment s’est trouvé promulguée une loi qui n’a jamais été seulement lue devant la représentation nationale. Est-cela la démocratie ?

Comment peut-on concilier cela avec l’article 3 de notre constitution ?

« La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice. »

Pour en revenir avec les débuts de la Vème République et la réalité politique, comment ne pas s’inquiéter de voir se profiler le spectre de la guerre dont l’Union Européenne devait nous préserver à tout jamais ? Il faut vraiment ne pas être perspicace pour ne pas voir que tout est mis en œuvre pour faire évoluer le conflit OTAN-Russie  par Ukraine interposée en une guerre entre  Union-Européenne et Russie ?

Le grand danger vient de ce que dans l’UE, la France est la seule puissance nucléaire et que, en cas de conflit, elle sera naturellement la plus exposée. Mais c’est peut-être justement ce que recherche la diplomatie américaine car ainsi les camps s’affaibliraient mutuellement en renforçant la position américaine.

De Gaulle et la « fédération européenne »

C’est cette réalité que de Gaulle avait perçue dans son propos sur l’Europe fédéraliste qu’il désignait comme supranationale. Son raisonnement est implacable (voir de la minute 31’16’’ à la minute 35’ 30’’) et il démontre avec brio que seule une « entité non-européenne » pourrait imposer sa politique à cette Europe fédérale. Il est facile de voir à qui il fait allusion et comment le retrait de la France du commandement intégré de l’OTAN s’imposait.

Mais peut-être est-ce pour cette raison également que le président Sarkozy a voulu l’y remettre ?

Car, comme l’a dit F.D.Roosevelt : « En politique, rien n’arrive jamais par hasard ! »

Pour résumer tout ce qui précède, on peut constater que nous sommes devenus, par la seule volonté d’une élite relayée par les médias de s’opposer à la vision que de Gaulle au profit d’un projet plus « mondialiste », une sorte d‘anti-France se trouvant totalement à l’opposé du projet gaullien.

Etait-ce en accord avec le peuple français ?

Rien n’est moins sûr et nos gouvernants ont pris soin de ne pas le vérifier, le dernier référendum date de 2005 et tout peut porter à croire que le prochain n’est pas pour demain. François Mitterrand avait qualifié les institutions de la Vème République comme « un coup d’État permanent », et Giscard d’Estaing avait évoqué « l’exercice solitaire du pouvoir ». Que diraient-ils aujourd’hui ?

Pour clore ce chapitre, voici ce que dit Philippe  de Villiers :

« Il y a aujourd’hui face à face deux Frances . La France mondialisée métropolisée globalisée, qui vit dans le virtuel, qui veut sauver la planète, et en face une autre France d’où je viens, la France enracinée, aujourd’hui dépossédée, la France du réel, qui elle, veut sauver la France »

Et le plus cocasse, c’est que, dans cette France « mondialisée », certains n’hésitent pas à se réclamer de de Gaulle ! Et ils vont même évoquer les livres d’Alain Peyrefitte « C’était de Gaulle »

L’ont-ils seulement lu ?

L’UE n’a jamais voulu d’un plan B

Sans vouloir faire parler le Général, on peut néanmoins constater, à la lecture de la page 267 du  tome 2, qu’il disait parlant de l’intégration européenne :

« Ceux qui racontent des histoires sur les bienfaits incomparables de l’intégration européenne sont des jean-foutre »

Le dialogue se poursuit :

« Le traité de Rome n’a rien prévu pour qu’un de ses membres le quitte » lui rappelle Alain Peyrefitte

La réponse de de Gaulle est cinglante :

C’est de la rigolade ! Vous avez déjà vu un grand pays s’engager à rester couillonné, sous prétexte qu’un traité n’a rien prévu pour le cas où il serait couillonné ? Non. Quand on est couillonné, on dit :

«  je suis couillonné. Et bien, voila, je fous le camp ! »

A voir l’état actuel de la France et ce qui est en train de se dessiner, nous avons des raisons pour le penser. On nous parle de la « souveraineté européenne » sans qu’il y ait un peuple européen, uniquement pour justifier un fédéralisme de l’Europe dans lequel la France va disparaître en tant qu’Etat-nation. Comment appeler cela ?

Et les exemples sont multiples depuis des années. Aujourd’hui la réalité nous impose la solution de de Gaulle et nous devons « foutre le camp ! »

 

 

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