Le crash d’un étage de fusée sur la Lune rappelle l’urgence de protéger les milieux extraterrestres contre les déchets et les contaminations d’origine humaine. Pour Robin des Bois, la conquête spatiale ne peut pas se poursuivre au mépris des principes de prévention et de protection de l’environnement. La Lune n’est ni une poubelle, ni un terrain d’expérimentation sans règles.

 » L’étage supérieur de la fusée Falcon 9 lancée par SpaceX en collaboration avec la NASA le 15 janvier 2025 depuis le Centre spatial Kennedy, en Floride, s’est écrasé à 8 690 km/h dans l’hémisphère nord de la Lune, mercredi 5 août 2026 au matin. Cette agression du corps céleste, provoquée par une erreur ou une négligence dans le pilotage de la mission commerciale Blue Ghost 1, a creusé un cratère et dégagé un panache de plusieurs dizaines de kilomètres de poussières géologiques lunaires, ainsi que de poussières toxiques provenant de l’activité humaine, de la désintégration de l’étage supérieur de la fusée — 15 à 20 mètres de long pour 3,9 tonnes — et des substances et matériaux nocifs embarqués.

Ce tremblement de Lune est perçu par la NASA comme une opportunité d’étudier la dispersion des débris à la surface de la Lune et la résistance de celle-ci aux secousses sismiques. Sa porte-parole a déclaré que cet événement constituait « une méthode techniquement acceptée et sûre pour se débarrasser de matériels en orbite lunaire basse ». Cette vision utilitaire de la Lune démontre que, pour les États-Unis d’Amérique, la conquête de nouveaux espaces habitables et de nouvelles ressources commence par l’ouverture d’une décharge sauvage, sans prise en compte des risques de contamination persistante de l’environnement extraterrestre.

Il est vrai qu’à cet égard, les États-Unis d’Amérique sont libres de tout engagement. « L’Accord régissant les activités des États sur la Lune et les autres corps célestes », ouvert à la signature en 1979 sous l’égide de l’Organisation des Nations unies, n’était ratifié en 2011 que par dix États. Quinze ans plus tard, seuls dix-sept États l’ont ratifié (1), et aucun d’entre eux n’est engagé dans la course à la conquête de la Lune. Dans son article 7, cet accord stipule que « lorsqu’ils explorent et utilisent la Lune, les États parties prennent des mesures pour éviter de perturber l’équilibre existant du milieu en lui faisant subir des transformations nocives, en le contaminant dangereusement par l’apport de matière étrangère ou d’une autre façon ».

En 2011, dans son rapport « Les déchets dans l’espace » (2), Robin des Bois avait recensé 180 tonnes de déchets produits par l’humanité et dispersés sur la Lune depuis 1959. En 2018, il y en avait 200 tonnes. Aujourd’hui, la quantité est estimée à près de 223 tonnes.

À l’été 2025, la Terre brûlait ; sur la Lune, en un clin d’œil, l’humanité a ouvert un site pollué. »

Un incendie à Boston au clair de lune (détails), Robert Salmon, vers 1830-1835

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