La rentrée s’annonce sous tension. Après quinze jours de vacances, les lycéens pourraient retrouver les salles de classe… ou les bloquer. Dimanche 1er novembre, Pierre Sourzat, responsable de l’organisation Les Lycéens !, a appelé à reprendre la mobilisation dès lundi, dénonçant des annonces gouvernementales jugées largement insuffisantes.

« Bien sûr qu’on appelle au blocus », a-t-il affirmé sur RMC, prévenant que plusieurs établissements seraient bloqués dès le lendemain. Si la mobilisation devrait prendre de l’ampleur mardi, son organisation soutient déjà les premiers blocages.

L’appel s’inscrit dans une contestation plus large. L’Union syndicale lycéenne (USL) et l’Union étudiante ont également appelé à bloquer les lycées et les universités mardi, puis jeudi 5 novembre, à l’occasion d’une journée de grève interprofessionnelle.

Des annonces gouvernementales loin de convaincre

Malgré les mesures présentées fin octobre par les ministres de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, notamment le remplacement progressif de Parcoursup d’ici 2028, les organisations étudiantes refusent de lever la mobilisation.

Emmanuel Macron avait pourtant appelé à une reprise des cours « dans le calme », estimant que la jeunesse avait été entendue. Un discours qui ne passe pas auprès de Pierre Sourzat. Selon lui, le gouvernement n’a apporté aucune réponse sérieuse aux revendications des jeunes et s’est contenté d’annonces de façade.

La réforme de Parcoursup ne répondrait notamment pas au problème central : le manque de places dans l’enseignement supérieur. Même constat concernant la rénovation des établissements scolaires. Plusieurs régions ne disposeraient pas des capacités financières nécessaires pour recourir aux prêts proposés par l’État, en raison de la baisse de leurs dotations.

Pour le responsable des Lycéens !, ces mesures relèvent davantage de l’affichage que d’une véritable politique éducative. Il dénonce une réponse gouvernementale qui, selon lui, ne fait qu’entretenir la colère.

Une mobilisation sans date de fin

Aucune échéance n’a été fixée pour mettre fin au mouvement. Pierre Sourzat estime que la suite dépendra désormais des réponses apportées par l’exécutif. Sur le terrain, certains lycéens entendent maintenir la pression : « Si on arrête là, le gouvernement aura réussi son coup », estime l’un d’eux.

Le risque de retard scolaire est pourtant bien réel. Le responsable syndical le reconnaît, mais défend la nécessité de poursuivre la mobilisation. Selon lui, les grandes avancées sociales ont toujours reposé sur un engagement collectif et des sacrifices.

À quelques heures de la rentrée, le gouvernement fait donc face à une nouvelle épreuve de force. Et les annonces destinées à apaiser la colère de la jeunesse n’ont, pour l’instant, pas suffi à désamorcer le mouvement.

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