Déclaration de Jacques Cheminade, président de Solidarité & Progrès.

Jacques Cheminade

"L’explosion de violence qui a éclaté dans notre pays ne surprend pas. Le scandale est que, depuis tant d’années, rien n’ait été fait pour faire face au feu qui couvait. Les émeutiers ont non seulement pillé des magasins mais brûlé des pharmacies et des bâtiments publics : mairies, tribunaux, centres culturels,bibliothèques, commissariats, écoles. Ce sont les fondements de notre société qui sont visés. Dans ces circonstances, le défi est non seulement de rétablir le droit à la sécurité publique, mais de refonder une société qui offre une espérance à toutes et tous,sans hypocrisie ni angélisme.

Car si l’on continue à paraître se préoccuper des violences immédiates, à communiquer sur elles, mais sans en extirper les racines, ce sont les institutions de la République qui s’effondreront.

L’ordre républicain dont on parle tant, tout en prenant ses aises avec lui, consiste en trois principes. D’abord qu’il soit légitime, c’est-à-dire qu’il ne bafoue pas l’exigence de justice du peuple en manipulant contre elle les textes existants, comme on le fait sur les retraites. Ensuite qu’il soit appliqué également à tous, munis ou démunis, sans ségrégation sociale ou spatiale. Enfin, la certitude que les sanctions prévues soient réellement appliquées. C’est pour y parvenir qu’il faut décréter un état d’urgence sociale en désignant clairement ce qu’on vise : une mafia financière d’en haut qui fait la loi contre la loi et s’associe de plus en plus, et pas seulement par la consommation de drogues, avec la mafia qui opère en bas. Faute de volonté politique, cette gangrène mafieuse d’un nouveau capitalisme criminel détruira tout et mènera à la guerre de tous contre tous.

Ordre républicain : écoutons d’abord les maires et organisons autour d’eux des instances de dialogue et de concertation avec les médiateurs, les associatifs, les juges et les policiers. Une vraie police de proximité, à l’écoute des citoyens, doit être de toute urgence mise en place, en lui donnant la formation et les moyens humains et financiers nécessaires pour qu’elle fasse bien son métier. Alors on pourra réellement appliquer les peines prévues par la loi et vérifier leur exécution dans un milieu qui s’y prête.

Ordre républicain : le minimum devrait être de faire connaître et appliquer le Préambule de notre Constitution, avec les droits sociaux qu’elle prévoit. J’en ai proposé la lecture tous les 14 juillet, par les maires de France. La situation actuelle nous offre l’occasion de commencer.

Ordre républicain : à la dimension sociale de notre politique intérieure doit correspondre une politique internationale fondée sur une nouvelle architecture de paix par le développement mutuel, et non sur les spéculations financières insensées qui portent en elle la guerre,par l’émeute chez nous, par la guerre géopolitique entre blocs dans le monde. Concrètement, un vrai combat contre le trafic de drogue doit être mené, ce qui jusqu’ici n’a jamais été fait à sa racine financière et sociale. Au lieu de casser les locaux des banques, il faut que le droit public en prenne le contrôle.

Face aux émeutes, qui se sont répandues comme les rumeurs sur les réseaux sociaux, la seule solution est d’organiser une politique du bien commun et du bien public. La police et l’armée doivent la servir. Y compris en recherchant la nature et les moyens des provocateurs qui ont soufflé sur le feu qui couvait. C’est en effet en éliminant les causes du feu que l’on parviendra à l’éteindre, avec la volonté politique de construire un monde meilleur et plus juste, au sein d’un combat qui donnera les raisons d’y croire."

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