Le Bourgetb le 7 novembre 2027

20 000 personnes au meeting de Jea-Luc Mélenchon au Bourget

Avec 1 069 propositions, dont 238 nouvelles selon La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon présente une nouvelle version de « L’Avenir en commun ». Fruit de sept mois de travail collectif et de plus de 24 000 contributions citoyennes, ce programme entend répondre à la crise sociale, écologique et démocratique. Au Bourget, devant près de 20 000 personnes annoncées, le candidat insoumis a voulu donner une dimension populaire à son projet et installer une ambition politique : « tout changer ».

Sept mois de travail et 24 000 contributions citoyennes

Les Insoumis ont consacré sept mois à l’élaboration et à l’actualisation de leur programme présidentiel. Un travail d’ampleur que Clémence Guetté, architecte du programme aux côtés d’Hadrien Clouet, présente comme une démarche inédite.

« C’est le plus grand travail programmatique jamais entrepris », souligne-t-elle.

Au total, 1 069 propositions ont été élaborées avec la participation de parlementaires français et européens, d’experts réunis au sein de groupes de travail de l’Institut La Boétie, mais aussi grâce à 24 000 contributions citoyennes.

« Elles nous ont permis de faire émerger de nouvelles idées, mais surtout de tirer de grandes tendances sur ce qui intéresse les gens », précise Clémence Guetté.

Pour les responsables insoumis, ce travail constitue une démarche programmatique d’une ampleur exceptionnelle dans le paysage politique français.

Au Bourget, Jean-Luc Mélenchon mobilise près de 20 000 personnes

La présentation officielle du programme a donné lieu à un grand meeting au Bourget. Jean-Luc Mélenchon a une nouvelle fois démontré sa capacité de mobilisation, en réunissant près de 20 000 personnes.

Avant de prendre la parole, le leader insoumis a demandé aux militants d’observer une minute de silence en hommage aux victimes de l’attentat de Trappes.

Dans un discours tourné vers l’avenir, il a appelé à « tout changer », en s’adressant particulièrement aux jeunes générations.

« J’ai en face de moi beaucoup de jeunes. Le monde qui vous est laissé, dont vous allez avoir la responsabilité, ne ressemble à rien de ce qu’aucune génération avant vous n’a connu. Nous sommes confrontés à une crise globale de la civilisation humaine », déclare-t-il.

Il poursuit en appelant la France à jouer un rôle moteur face aux défis mondiaux :

« D’un bout à l’autre de la planète, tous les êtres humains sont confrontés aux mêmes défis, et il vous est demandé à vous, grand peuple français, de marcher devant pour porter la prise de conscience, la mobilisation. »

Pouvoir d’achat : bloquer les prix et augmenter les salaires

Sur le terrain économique et social, Jean-Luc Mélenchon entend placer la lutte contre la pauvreté et la précarité au cœur de son projet.

Il rappelle que plus de 10 millions de personnes vivent dans la pauvreté en France et estime que les bouleversements économiques mondiaux ont des conséquences directes sur le quotidien des ménages les plus fragiles.

« Quand il y a plus de 10 millions de pauvres en France, les perturbations économiques mondiales, qui paraissent éloignées, deviennent vite des enjeux de survie quotidienne pour des millions de gens », affirme-t-il.

Face à cette situation, il défend plusieurs mesures immédiates : le blocage des prix, l’augmentation du SMIC, l’indexation des salaires sur l’inflation et le rétablissement de l’accès aux ressources vitales.

Le candidat insoumis défend également une autre orientation économique à l’échelle internationale. « Il nous faut un altermondialisme, une autre manière de vivre la réalité mondiale », déclare-t-il.

Désarmement nucléaire et guerre en Ukraine : une diplomatie revendiquée

Sur les questions internationales, Jean-Luc Mélenchon défend une politique de désarmement nucléaire et appelle à remettre cette question au centre des relations internationales.

Il souhaite engager un processus de désarmement de la planète, région par région, avec un objectif clairement affiché : « Pas d’arme atomique pour personne ».

Concernant la guerre en Ukraine, le candidat affirme que, s’il accède à la présidence, son gouvernement s’impliquera pleinement dans la recherche d’une issue au conflit provoqué par l’invasion russe.

« Nous, Français, ne serons jamais d’accord avec l’idée que qui que ce soit envahisse qui que ce soit pour régler un problème politique », souligne-t-il.

Il rejette également l’idée d’une paix qui imposerait des concessions territoriales aux Ukrainiens sans consultation des populations concernées.

« Nous n’acceptons pas qu’on envisage une paix avec des concessions territoriales en Ukraine sans qu’on demande aux populations concernées si elles sont d’accord pour se retrouver d’un côté ou l’autre de la frontière. C’est au peuple de décider », affirme-t-il.

Santé : un pôle public du médicament et le 100 % Sécu

La santé constitue un autre axe important du programme insoumis.

Jean-Luc Mélenchon annonce vouloir créer un pôle public du médicament afin de renforcer la maîtrise publique de la production et de l’approvisionnement en produits de santé.

Il réaffirme également son ambition de mettre en place le remboursement intégral des soins par la Sécurité sociale.

« De toute façon, nous ferons le 100 % Sécu parce que c’est cinq fois moins cher que le système privé », déclare-t-il.

Une orientation qui s’inscrit dans la volonté affichée par les Insoumis de renforcer les services publics et de faire de l’accès aux soins un droit pleinement garanti.

Une VIe République fondée sur la souveraineté populaire

La transformation des institutions figure également parmi les propositions majeures du programme.

Jean-Luc Mélenchon défend l’instauration d’une VIe République organisée autour du principe de « souveraineté populaire permanente ».

L’objectif est de permettre aux citoyens d’intervenir directement dans la vie politique et institutionnelle, y compris entre deux élections.

« Il s’agit d’organiser le pouvoir d’intervention du peuple à tout moment, suivant certaines conditions », explique-t-il.

Le projet prévoit notamment un nouveau référendum d’initiative citoyenne donnant au peuple un pouvoir législatif direct, mais également la possibilité de révoquer un élu, quel qu’il soit, y compris le président de la République.

Une proposition qui entend remettre la participation citoyenne au cœur du fonctionnement démocratique.

Unité du peuple et lutte contre le racisme

Enfin, Jean-Luc Mélenchon a consacré une partie de son discours à la question de l’unité nationale, dans un contexte marqué, selon lui, par la montée du racisme et des haines religieuses.

« La question de l’unité de notre peuple est posée, c’est cette question que soulève le racisme et la haine religieuse », déclare-t-il.

Le candidat appelle à ne pas oublier les enseignements de l’Histoire, évoquant notamment les guerres entre catholiques et protestants ainsi que les persécutions subies par les Juifs pendant des siècles.

« Notre pays a déjà connu ces guerres, ne l’oubliez jamais. N’oubliez jamais que l’Histoire est pour chacun d’entre nous un panier de provisions avec des expériences pas toujours fameuses », rappelle-t-il.

Pour Jean-Luc Mélenchon, la France doit désormais construire une nouvelle étape de son histoire républicaine, capable de rassembler les citoyens dans leur diversité.

« La nouvelle France doit devenir fédératrice de son peuple, de ses goûts, de ses manières de vivre. Elle doit être une nouvelle ère de triomphe des principes républicains, c’est l’ère de la liberté de mener son existence comme on l’entend », conclut-il.

Avec ses 1 069 propositions, La France insoumise entend ainsi présenter un projet global de transformation économique, sociale, écologique, démocratique et institutionnelle. Au Bourget, Jean-Luc Mélenchon a voulu donner à cette présentation une dimension politique et populaire, en plaçant son ambition sous un mot d’ordre : tout changer.

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