À la veille de la mobilisation nationale du 13 août, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, doit recevoir les organisations syndicales représentant les sapeurs-pompiers professionnels et les personnels des SDIS.

Le Syndicat des Sapeurs-Pompiers Volontaires de France (SSPVF) tient d’abord à être parfaitement clair : nous respectons et comprenons les revendications de nos collègues sapeurs-pompiers professionnels.
Ils doivent pouvoir être entendus sur le manque d’effectifs, les difficultés de financement des SDIS, les conditions de travail et les moyens nécessaires pour assurer la sécurité de la population.
Mais une question s’impose : où sont les sapeurs-pompiers volontaires autour de la table ?
Quand la France brûle, l’État sait nous trouver
Cet été encore, lorsque les incendies ont durement frappé plusieurs territoires, les sapeurs-pompiers volontaires ont répondu présents.
Certains ont enchaîné des journées opérationnelles de 18 à 20 heures, parfois pendant plusieurs jours.
Ils l’ont fait en mettant de côté leurs vacances, leur famille, leurs enfants, leurs amis et parfois même leur propre activité professionnelle.
Et lorsque les effectifs disponibles ne suffisaient plus, l’État lui-même a demandé aux employeurs de libérer leurs salariés sapeurs-pompiers volontaires afin qu’ils puissent venir renforcer les dispositifs de secours. Le 9 juillet dernier, Laurent Nuñez lançait précisément cet appel aux employeurs.
Pourquoi ? Parce que sans les sapeurs-pompiers volontaires, notre modèle de sécurité civile ne tient pas.
Ce ne sont pas les chiffres du SSPVF qui le disent.
Ce sont ceux du ministère de l’Intérieur : la France compte plus de 200 000 sapeurs-pompiers volontaires, représentant près de 80 % des effectifs de sapeurs-pompiers. Le ministre rappelait lui-même, en mai, qu’ils réalisent environ deux tiers des interventions quotidiennes et constituent la pierre angulaire du modèle français de sécurité civile.
Disponibles pour combattre les incendies, mais pas pour participer au dialogue social ?
Et pourtant, au moment où doivent être discutés l’avenir des SDIS, leurs moyens, leurs effectifs et l’organisation de notre système de secours, les représentants des sapeurs-pompiers volontaires sont absents de la table.
À cette heure, le SSPVF n’a reçu aucune invitation à rencontrer le ministre de l’Intérieur dans le cadre des échanges du 13 août.
Plus grave encore : le ministère de l’Intérieur nous a précédemment indiqué que le dialogue social dans les SDIS serait réservé aux sapeurs-pompiers professionnels et aux personnels administratifs, techniques et spécialisés.
Cette conception devient difficilement soutenable.
Le Conseil d’État lui-même, dans sa décision du 9 juillet 2026, a reconnu que les sapeurs-pompiers volontaires doivent être regardés comme des « travailleurs » au sens de la directive européenne sur le temps de travail, relevant notamment qu’ils exercent les mêmes activités que les professionnels, agissent sous la direction de leur service et perçoivent une contrepartie financière à leur activité.
Dès lors, comment expliquer qu’ils puissent être indispensables au fonctionnement opérationnel des SDIS, mais demeurent écartés du dialogue collectif concernant l’organisation de ces mêmes services ?
« Allez éteindre les feux, mais ne demandez pas à être entendus »
C’est le sentiment que vivent aujourd’hui de nombreux volontaires :
- Soyez disponibles.
- Quittez votre travail.
- Écourtez vos vacances.
- Éloignez-vous de vos familles.
- Travaillez pendant des heures dans des conditions parfois extrêmes.
- Prenez des risques pour protéger la population.
- Mais lorsque vient le moment de parler de l’avenir de la sécurité civile : taisez-vous.
Ce fonctionnement n’est plus acceptable.
Les sapeurs-pompiers volontaires ne demandent pas de privilège.
Ils demandent simplement que ceux qui représentent près de 80 % des sapeurs-pompiers français puissent participer aux discussions qui déterminent l’avenir du système auquel ils consacrent une partie considérable de leur vie.
Le SSPVF demande à être reçu par Laurent Nuñez
Le Syndicat des Sapeurs-Pompiers Volontaires de France demande donc officiellement :
- À être reçu par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez ;
- L’ouverture d’un véritable dialogue national avec les organisations représentant les sapeurs-pompiers volontaires ;
- Que les SPV soient associés aux réflexions concernant le financement, les effectifs, l’organisation opérationnelle et l’avenir des SDIS ;
- L’ouverture d’une réflexion sur leur représentation collective et leur participation effective au dialogue social ;
- La prise en compte de leur temps d’activité, de leur fatigue, de leur disponibilité et de la conciliation entre engagement, emploi et vie familiale.
Notre message au Gouvernement est simple
Vous ne pouvez pas demander aux sapeurs-pompiers volontaires de sauver le système de sécurité civile lorsque la France brûle et leur demander de disparaître lorsque vient le moment de décider de son avenir.
- Nous sommes près de 200 000.
- Nous représentons près de 80 % des sapeurs-pompiers français.
- Nous assurons une part essentielle des secours quotidiens.
Sans les sapeurs-pompiers volontaires, le modèle français de sécurité civile ne peut pas fonctionner tel qu’il existe aujourd’hui.
Il est donc temps que leur place autour de la table soit à la hauteur de leur place sur le terrain.