Salaire en micro-entreprise : comment se rémunérer et combien se verser ?
Créer sa micro-entreprise implique d’apprendre à gérer des revenus parfois irréguliers. Contrairement à un salarié, le micro-entrepreneur ne reçoit pas de fiche de paie et reste libre d’utiliser l’argent généré par son activité. Une question se pose alors rapidement : comment se verser un salaire en micro-entreprise et déterminer la part du chiffre d’affaires que l’on peut consacrer à la rémunération ?
Les points à connaître avant de se payer quand on est en micro-entreprise
Le terme de salaire est souvent employé dans le langage courant, mais il ne correspond pas au fonctionnement réel de la micro-entreprise. Le micro-entrepreneur est un entrepreneur individuel : il n’est donc pas salarié, mais chef de sa propre entreprise et ne se verse pas un salaire au sens juridique. Il peut cependant transférer une partie de l’argent issu de son activité professionnelle vers son compte personnel afin de disposer d’une rémunération.
Avant de réaliser un virement, mieux vaut distinguer le chiffre d’affaires encaissé de l’argent effectivement disponible une fois que les charges sont réglées. Pour se rémunérer en micro-entreprise étape par étape, il faut notamment prendre en compte les charges mensuelles et les dépenses courantes. Une gestion rigoureuse permet d’éviter de prélever une somme dont l’entreprise aura besoin ultérieurement.
Micro-entrepreneur : combien reste-t-il après les charges ?
Le calcul du salaire d’un auto-entrepreneur débute par la soustraction des cotisations sociales du chiffre d’affaires déclaré. Elles sont calculées en appliquant au chiffre d’affaires encaissé un taux qui varie selon la nature de l’activité. Il faut également tenir compte des éventuels autres prélèvements et obligations liés à l’activité, comme le règlement de la cotisation foncière des entreprises (CFE), par exemple.
S’ajoutent à ces sommes les frais professionnels : achat de matériel, logiciels, déplacements, assurance, loyer, téléphone, fournitures… Contrairement à une société imposée au réel, une micro-entreprise ne peut pas déduire ses charges réelles de son chiffre d’affaires pour déterminer son bénéfice imposable.
Prenons un exemple : un consultant encaisse 3 000 € au cours d’un mois. Il ne doit pas considérer ces 3 000 € comme sa rémunération disponible. Il commence par provisionner ses cotisations, puis réserve le montant nécessaire à ses dépenses professionnelles courantes. Le solde restant constitue une estimation réaliste de ce qu’il peut utiliser à titre personnel. Toutefois, il est préférable de conserver un peu de trésorerie, lorsque c’est possible, de façon à pouvoir faire face à un imprévu.
Se verser un salaire tous les mois n’est pas obligatoire
Il n’existe aucune obligation de se verser un salaire mensuel en tant qu’indépendant. La rémunération du micro-entrepreneur peut être prise mensuellement ou perçue de manière irrégulière selon les besoins. Toutefois, instaurer une certaine régularité peut être un bon moyen de maîtriser sa trésorerie.
Par exemple, un graphiste dont les revenus varient entre 2 000 et 4 000 € selon les mois peut choisir de se verser une somme fixe prudente et de conserver le surplus sur son compte professionnel. Durant un mois moins favorable, cette réserve peut servir à maintenir sa rémunération de façon stable.
Séparer les finances professionnelles et privées pour sécuriser sa rémunération
Même lorsqu’il dispose d’une somme importante sur son compte, le micro-entrepreneur doit garder à l’esprit qu’une partie peut servir à régler ses prochaines échéances ou faire face à une baisse de chiffre d’affaires. Il faut aussi distinguer les charges de la micro-entreprise de la fiscalité personnelle de l’entrepreneur. La rémunération prélevée n’est pas forcément « nette d’impôt » : l’impôt sur le revenu du micro-entrepreneur est généralement réglé dans le cadre de l’imposition de son foyer fiscal, sauf s’il a opté pour le versement libératoire.
Disposer d’un compte bancaire dédié à l’activité indépendante, que ce soit par choix ou dans les cas où la réglementation l’impose (plus de 10 000 € de recettes pendant 2 années consécutives)(1), permet de bien différencier les opérations professionnelles des dépenses personnelles. Il devient ainsi plus simple d’évaluer la santé financière de la micro-entreprise et d’ajuster le montant prélevé chaque mois à des fins privées. Les solutions destinées aux professionnels, comme celles proposées par Hello bank! Pro (2), peuvent notamment accompagner le suivi des opérations liées à l’activité. Quelle que soit l’organisation retenue, l’objectif reste le même : ne pas confondre chiffre d’affaires et revenu disponible.
En conclusion, se verser un salaire en tant qu’auto-entrepreneur suppose avant tout d’anticiper ses charges et ses dépenses afin de déterminer un montant compatible avec sa trésorerie réelle.
Sources :
(1) : https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F35991
(2) https://www.hellobankpro.fr/fr/avantage/offre-hello-business
