Dans la partition qui se précise entre l’Occident et le reste du monde, comment faire pour endiguer le flot des pays non-alignés qui sont de plus en plus tentés de rejoindre les tenants de la « multipolarité »
Le président français essaye de les détourner de ce choix qui sonnerait le glas de l’hégémonie occidentale.

Emmanuel Macron est ce qu’on appelle « un grand communicant ». Avant d’entrer en politique en passant la porte de l’Élysée, d’abord comme secrétaire général adjoint puis cinq ans plus tard comme Président de la République, il était, comme on dit, « passé chez Rothschild ».

Il s’y occupait de fusions et d’acquisitions d’entreprises. Dans une courte vidéo, son directeur de l’époque, François Henrot, fournit quelques éclaircissements sur le profil requis pour ce genre d’opérations. Ce sont souvent des contrats très importants, engageant souvent  des sommes colossales dont les banques dites « d’affaire » tirent de très substantiels revenus sans prendre pour autant le moindre risque. Toute la difficulté, pour mener à bien ces tractations, est de convaincre les réticences qui peuvent se manifester au sein des conseils d’administration des entreprises concernées. Il faut avoir une certaine imagination et être suffisamment psychologue pour raconter aux gens ce qu’ils ont envie d’entendre, même si cela s’écarte un peu de la réalité.


La technique est similaire dans les deux cas. Il faut installer une relation de confiance et montrer au client (ou à l’électeur) que la solution proposée répond à sa problématique personnelle. En présentant ce qui pourrait paraître comme une nouvelle approche, sans toutefois abandonner certains grands principes, Emmanuel Macron a fait du fameux « en même temps » une sorte de slogan. L’effet est garanti dans l’ambiance survoltée d’un meeting, mais après, une fois le calme revenu, vient la question toute bête : « En même temps que quoi, exactement ? » En matière de communication, seul l’effet instantané est recherché. Il n’a rien à proposer à l’électeur, si ce n’est lui-même. Il n’est, bien-sûr, pas le premier « candidat à la magistrature suprême » (encore un terme de communication pure) à se trouver dans ce cas, mais il faut lui reconnaître un talent hors du commun.


La guerre en Ukraine a servi de catalyseur à un autre conflit, qui existait déjà à l'état larvé depuis plusieurs décennies. C'est celui qui oppose la finance internationale, dont la puissance vient du dollar, à ce qui apparaît aujourd'hui comme le « reste du monde », c'est à dire tous les pays non-occidentaux dont le développement  économique a été contraint par cette monnaie qui procurait un « privilège exorbitant » à ceux qui pouvait le créer à partir de rien.

Les premiers pays qui sont arrivés à se regrouper face à l'hégémonie du dollar se désignèrent eux-mêmes par l'acronyme « BRICS ». Ces cinq pays appartenant à quatre continents différents (la Russie, qu'on le veuille ou non, est en Europe) avaient en commun d'être « émergents »

A dire vrai, cette émergence est née de ce qu'on appelle la « mondialisation », telle que définie par la « commission trilatérale » dès la fin des années 1970 concernant l'architecture du monde futur.

Ces pays ont décidé de se regrouper pour utiliser entre eux, dans un premier temps, leurs monnaies respectives pour leurs échanges, et d'utiliser à terme une autre monnaie en cours de gestation.

Ceci menace à terme l'existence du dollar qui, après avoir détenu un quasi-monopole sur le commerce international, et notamment une exclusivité pour les transactions sur le pétrole, voit sa part diminuer  de jour en jour et ne reprèsente plus aujourd'hui que la moitié environ des échanges.

Or, le dollar ne peut s'imposer, en tant que monnaie « fiduciaire » que s'il na pas de concurrent qui lui, posséderait une valeur « intrinsèque ». Or, le projet des BRICS séduit de plus en plus de pays, notamment par cet aspect. 

Face à un danger qui peut se révèler existentiel, Emmanuel Macron apparaît comme celui qui a été désigné, (ou bien en a-t-il pris l'initiative) pour tout mettre en œuvre afin de contre-carrer ce projet.

Cela pose à priori deux question


Vu du côté de ceux qui ont imposé le dollar, la réponse est évidente: ils ne sont pas prêts à perdre cet outil qui leur a permis de dominer le monde, prenant en cela la suite logique de la livre britannique  qui avait donné jusqu'en 1940 sa puissance économique à l'Angleterre.

Vu de l'autre côté, ceux qui subissent le dollar, ils ne paragent pas ce point de vue. Le système américain, pour ne pas dire celui de l'Occident a toujours mis en avant les valeurs de la Liberté et de la Démocratie. Or, l'idée même de la démocratie repose sur « les plus nombreux ». Qui sont-ils aujourd'hui, ces plus nombreux?

En 1970, l'Occident reprèsentait 25% de la population mondiale et environ 90% des richesses produites. Aujourd'hui, il représente environ (en comptant le Japon) seulement 12% de l'ensemble et ne produit plus qu'environ 40% de la richesse. Est-il envisageable que cet Occident et l'élite financière internationale qui le dirige continue à dicter sa conduite au reste du monde?

Au nom de quoi les peuples qui aspirent à une certaine prospérité pourraient-il la sacrifier pour que l'Occident conserve l'hégémonie actuelle?

Que va-t-il falloir leur raconter pour les y faire renoncer, notamment en leur interdisant l'accés au moyen même qui a permis le développement de l'Occident il y a deux siècles? Je veux parler de l'énergie et du charbon en particulier?

Imaginez qu'en 1750 quelqu'un nous ait fait croire que le charbon allait condamner la planète ou que l'utilisation des produits fossiles allait faire disparaître l'Humanité?

Où en serions-nous, privés de ces sources d'énergie qui sont à la base-même des révolutions industrielles?


La tâche est ardue, voire impossible. Par cupidité, la finance mondialisée a choisi de ne pas s'occuper du tiers-monde, si ce n'est en exploitant les ressources du sol et du sous-sol de certains de ces pays. En leur refusant l'accès à l'energie, ils ont été condamnés à la pauvreté perpétuelle et les prêts qui leur ont été consentis par le FMI et la Banque Mondiale ont encore aggravé les choses.

Christian Gérondeau, dans son livre « Climat: j'accuse » dénonce, preuves et chiffres à l'appui, cet état de fait.

Pourtant Emmanuel Macron fait preuve d'un optimisme inoxydable. Il pense pouvoir inflèchir l'inexorable cours des choses en proposant maintenant ce qui aurait dû être fait depuis longtemps, mais avec un narratif qui semble de plus en plus dépassé. Cette histoire de réchauffement climatique anthropique, considérant que le silence de certains scientifiquesques valait consensus, a imposé une vision qui a pris, dans l'esprit des gens peu enclins à la critique rationnelle, l'apparence d'une évidente réalité. Elle devient cependant de plus en plus contestée et il est probable que, de ce pont de vue, la future COP 28, risque d'être animée.

Or, tout repose dessus. Si les variations (incontestables) du climat ne sont pas la conséquence des activités humaines, que peut faire l'homme pour s'y opposer et pourquoi s'y opposerait-il?

Pour « créer l'évènement », Emmanuel Macron a pensé à faire des « sommets », sorte de symposiums ou l'apparence vaut plus que le contenu. Celui qui vient de s 'achever à Paris fait partie de cette ligne d'action. D'après le journal « La Croix » on ne peut pas dire que le succés escompté ait été au rendez-vous. Mais l'essentiel n'était probablement pas là. Cette rénion, somme toute assez modeste (une quarantaine de participants) a néanmoins positionné notre président en « champion de l'Occident » pour le reprèsenter face au reste du monde.

Visiblement la seconde étape pour lui est de se faire inviter à la réunion des BRICS et de ceux qui aspirent à les rejoindre qui se tiendra du 22 au 24 août en Afrique du Sud. Il compte apparemment sur les bonnes relations qu'il entretient avec le président de ce pays.

Ce n'est pas gagné pour lui car, comme on pouvait s'y attendre, un certain nombre de pays, dont la Russie, n'ont pas la mondre envie de le voir débarquer parmi eux. L'agence Tass, organe officiel de la diplomatie russe a publié la déclaration suivante de Sergueï Riabkov, vice-ministre russe des Affaires étrangères: 

 «Nous avons envoyé un signal selon lequel, avec tout le respect dû à la prérogative du pays hôte d’inviter telle ou telle personne, il faut partir du principe que les BRICS sont une association d’États qui rejettent par principe les sanctions unilatérales comme moyen de régler des problèmes de politique étrangère. Compte tenu de cela, l’inopportunité de l’apparition de représentants de l’Occident collectif là-bas est tout simplement évidente», a-t-il précisé. 

 

De ce stict point de vue, l'été risque d'être chaud…

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