Le Parti socialiste s’enfonce un peu plus dans la crise. Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, a décidé de quitter la direction du PS, provoquant une nouvelle secousse politique pour Olivier Faure. Derrière ce départ spectaculaire, c’est toute la stratégie du premier secrétaire qui est désormais ouvertement contestée.

Dans un courrier particulièrement sévère, Boris Vallaud accuse Olivier Faure de gouverner seul, sans concertation ni compromis. Il dénonce une direction verrouillée et un fonctionnement de plus en plus isolé.
« Après les élections municipales, tu aurais pu proposer d’ouvrir à toutes et tous la direction de notre parti ; tu as choisi de la fermer un peu plus encore », écrit-il, avant de conclure : « Nous tirons les conséquences de cette stratégie d’isolement et d’enlisement. »
Le coup est rude pour Olivier Faure. Boris Vallaud ne part pas seul : l’ensemble de son courant quitte la direction du PS avec lui, soit 24 responsables, dont 21 secrétaires nationaux. Une véritable fracture interne qui révèle l’ampleur du malaise au sein du parti.
Au cœur de l’affrontement : la stratégie pour la présidentielle et la question d’une primaire de la gauche. Boris Vallaud reproche à Olivier Faure de refuser tout débat de fond et d’empêcher les militants de se prononcer sur la ligne politique du parti.
« Tu as préféré la fuite en avant au débat et au vote », attaque encore le député, qui accuse le premier secrétaire d’écarter progressivement ceux qui l’avaient soutenu.
Ce départ marque un tournant. Déjà fragilisé depuis plusieurs mois, Olivier Faure apparaît désormais plus isolé que jamais. Sa position à la tête du Parti socialiste semble de plus en plus difficile à tenir dans la durée.
Au PS, beaucoup considèrent désormais que le premier secrétaire est assis sur un siège éjectable. Et cette crise pourrait bien accélérer une remise en cause devenue inévitable.