FUTUR s’oppose à cette proposition pour des raisons éthiques, pédagogiques et environnementales

Le Mans Stéphane Le Foll

Nous appelons la municipalité du Mans à renoncer à cette mesure et à poursuivre le développement d’une restauration scolaire plus durable, respectueuse des animaux, de l’environnement et des attentes des familles.

À l’occasion d’un déjeuner thématique consacré au gaspillage alimentaire, prévu le 10 juillet à l’auberge du Gué Bernisson, Stéphane Le Foll souhaite proposer de la viande de lapin. Selon nos sources au sein de la mairie, cette initiative viserait à relancer et à soutenir la filière cunicole.

Cette orientation soulève de nombreuses interrogations d’ordre éducatif. Les cantines scolaires ne sont pas seulement des lieux où l’on nourrit les enfants ; elles sont également des espaces où se transmettent des valeurs de santé publique, de responsabilité environnementale et de respect du vivant.

Des conditions d’élevage très largement intensives

La grande majorité des lapins élevés pour la consommation en France proviennent encore d’élevages intensifs. Selon les informations rassemblées par l’association L214, plus de 99 % des lapins sont élevés en cage, sur des sols grillagés, dans des conditions qui limitent fortement l’expression de leurs comportements naturels, tels que courir, bondir, se cacher ou creuser.

« Les lapins sont des animaux sensibles, sociaux et particulièrement vulnérables au stress. Les élevages intensifs sont des lieux de grande souffrance, dans lesquels leurs besoins fondamentaux ne sont pas respectés. Cette volonté du maire va à l’encontre des attentes croissantes de la société en matière de bien-être animal. »
— Yaël, membre de FUTUR

Les données disponibles sur l’élevage des lapins font également état d’une mortalité importante avant même l’abattage, illustrant les difficultés propres à ce mode de production.

Un risque d’incompréhension chez les enfants lié au double statut du lapin

Pour beaucoup d’enfants, le lapin est avant tout un animal de compagnie, auquel ils sont affectivement attachés. Cette espèce occupe d’ailleurs un double statut dans notre société : animal de compagnie pour les uns, animal d’élevage destiné à la consommation pour les autres.

Introduire sa viande dans les menus des cantines scolaires est donc susceptible de provoquer un malaise, de l’incompréhension ou un refus de consommer le repas proposé.

Une telle mesure pourrait, paradoxalement, augmenter le gaspillage alimentaire, alors même que l’événement du 10 juillet est présenté comme une initiative de sensibilisation contre ce phénomène.

« Il est difficile de prétendre lutter contre le gaspillage alimentaire en proposant un animal dont on sait qu’il sera davantage refusé par une partie des enfants. »
— Yaël, membre de FUTUR

Un choix peu cohérent avec la transition écologique

Sur le plan environnemental, la production de viande de lapin nécessite d’importantes ressources : cultures destinées à l’alimentation animale, consommation d’eau, utilisation d’énergie, émissions de gaz à effet de serre et gestion des effluents d’élevage.

Les analyses de cycle de vie montrent que son impact environnemental est comparable à celui de la viande de porc et légèrement supérieur à celui de la volaille, tandis que les protéines végétales présentent des impacts nettement plus faibles.

Dans un contexte où de nombreuses collectivités développent les repas végétariens et cherchent à réduire la consommation de viande, cette réintroduction apparaît difficilement compatible avec les objectifs de transition écologique.

Les demandes de FUTUR

FUTUR appelle la municipalité du Mans à :

  • renoncer à la réintroduction de la viande de lapin dans les menus des cantines scolaires ;
  • poursuivre le développement des alternatives végétales déjà proposées en restauration collective ;
  • favoriser les sources de protéines végétales à faible impact environnemental, notamment les légumineuses et les céréales complètes.

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