Les militants socialistes ont infligé un revers politique à leur premier secrétaire, Olivier Faure. En rejetant sa proposition d’organiser une primaire ouverte à l’ensemble de l’espace socialiste et des différents partis,  ils ont choisi de réserver la désignation du candidat à la présidentielle aux seuls adhérents du Parti socialiste et de Place publique.

À 55,5 %, les militants ont validé la proposition défendue par les opposants internes à Olivier Faure. Le futur candidat sera donc désigné à l’automne dans le cadre d’un scrutin fermé, auquel pourront également participer les nouveaux adhérents ayant rejoint l’une des deux formations avant le vote, moyennant une cotisation de 20 euros.

Au-delà de la question de la procédure, ce scrutin constitue un désaveu pour Olivier Faure, qui plaidait pour une primaire élargie afin d’associer un électorat plus large et de favoriser une dynamique de rassemblement de la gauche réformiste. Cette option est désormais écartée, tout comme la perspective de voir émerger un candidat commun de l’ensemble de la gauche démocratique, écologique et sociale, hors Jean-Luc Mélenchon.

Le texte adopté jeudi soir tente toutefois de préserver une ambition unitaire. Il prévoit que « le candidat désigné proposera le rassemblement à tous les partis de la gauche démocratique, écologique et républicaine afin de construire ensemble un programme commun, un accord législatif et un contrat de gouvernement » dès le lendemain de sa désignation. Mais cette offre d’union interviendra une fois le candidat déjà choisi par les seuls militants du PS et de Place publique, ce qui réduit considérablement la marge de négociation avec les autres forces de gauche.

En optant pour une primaire fermée, les socialistes ont choisi un mode de désignation qui semble calibré pour un candidat du « en même temps » de gauche : une personnalité capable de concilier culture de gouvernement, orientation sociale-démocrate et ouverture au centre. Raphaël Glucksmann et François Hollande correspondent aujourd’hui le plus à ce profil.

À l’inverse, le choix d’une primaire fermée prive les autres composantes de la gauche d’un levier pour peser sur la désignation du candidat et renforce la stratégie d’autonomie du Parti socialiste à l’approche de l’échéance présidentielle.

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