Olivier Faure – PS

Olivier Faure a finalement décidé de se jeter dans la bataille. Après avoir entretenu le suspense pendant plusieurs semaines, le premier secrétaire du Parti socialiste confirme sa candidature à la primaire organisée par le PS et Place publique en vue de la présidentielle de 2027.

« J’ai beaucoup travaillé, j’ai beaucoup écouté, beaucoup réfléchi, je suis prêt », assure-t-il dans La Tribune Dimanche.

Prêt, donc. Après huit années passées à la tête d’un Parti socialiste qui, lorsqu’il en a pris les commandes, était politiquement exsangue. Et surtout après avoir choisi de ne pas porter lui-même les couleurs du parti en 2022, laissant Anne Hidalgo se charger de transformer le PS en véritable nain électoral avec 1,7 % des voix.

Cette fois, Olivier Faure veut être candidat. À lui l’Élysée, donc.

Le PS ressuscité… mais pas tout seul

Les proches d’Olivier Faure aiment raconter une belle histoire : celle d’un premier secrétaire qui aurait repris un parti moribond et réussi, à force de travail et de stratégie, à le remettre sur les rails.

Il est vrai que le PS a depuis retrouvé des couleurs. Il dispose à nouveau d’un groupe parlementaire conséquent et n’est plus la formation politique marginalisée qu’il semblait devenir au lendemain de la présidentielle de 2022.

Mais il faudrait tout de même éviter de réécrire l’histoire.

Car le spectaculaire rebond électoral des socialistes lors des législatives qui ont suivi la présidentielle doit beaucoup à la Nupes et donc à La France insoumise. Sans l’accord conclu avec les Insoumis, les Écologistes et les communistes, le PS aurait probablement eu bien plus de difficultés à sauver ses meubles à l’Assemblée nationale.

Une réalité que certains socialistes semblent aujourd’hui avoir commodément rangée dans un tiroir. L’ingratitude est décidément une constante de la politique.

Glucksmann dans le rétroviseur

La candidature d’Olivier Faure arrive également dans un contexte de guerre interne larvée.

Une partie de ses opposants au sein du PS a choisi de miser sur Raphaël Glucksmann, député européen de Place publique. Le duel qui se dessine ne sera donc pas simplement une affaire de personnes. Il opposera deux visions de la gauche.

D’un côté, Olivier Faure veut continuer à incarner un socialisme capable de parler à l’ensemble de la gauche et de conserver des passerelles avec les différentes composantes de celle-ci.

De l’autre, Raphaël Glucksmann entend occuper un espace social-démocrate plus nettement autonome, débarrassé de l’ombre de Jean-Luc Mélenchon et de La France insoumise.

Le problème pour Olivier Faure est que cette bataille pourrait rapidement tourner au règlement de comptes familial. Et une primaire socialiste a rarement besoin de beaucoup d’encouragements pour se transformer en championnat du monde de l’autodestruction.

Mélenchon ? Pas d’accord

Sur Jean-Luc Mélenchon, Olivier Faure veut en tout cas afficher une ligne claire.

Interrogé sur l’éventualité d’un rapprochement avec le leader insoumis pendant la campagne, il refuse l’idée d’un accord : « Jean-Luc Mélenchon est candidat à la présidentielle, je suis candidat à la présidentielle, il n’y a pas d’accord possible ».

Le premier secrétaire du PS préfère placer son discours sur un autre terrain : celui du barrage à l’extrême droite.

« Mon obsession, c’est que l’année prochaine nous ne finissions pas avec l’héritière de la dynastie Le Pen à l’Élysée », affirme-t-il.

Puis il enfonce le clou : « Je n’en peux plus de cette gauche qui parle exclusivement d’un combat avec la gauche. Moi, je me bats contre la droite et contre l’extrême droite. »

Le message est limpide : Olivier Faure veut éviter que la prochaine présidentielle se résume à une nouvelle guerre de tranchées entre socialistes, insoumis et sociaux-démocrates.

Sur le papier, difficile de lui donner tort.

Mais encore faut-il être capable de rassembler cette gauche que l’on accuse justement de passer son temps à se déchirer.

900 militants à Blois : la mobilisation ou le plafond de verre ?

Et c’est peut-être là que se trouve le véritable problème d’Olivier Faure.

Au campus d’été du PS à Blois, environ 900 personnes étaient présentes. Pour un parti qui aspire à envoyer son premier secrétaire à l’Élysée, ce n’est pas franchement une marée populaire.

Certes, il s’agit d’un rendez-vous militant et non d’un meeting présidentiel. Mais le symbole est là.

Olivier Faure peut bien être « prêt ». Encore faut-il que les Français le soient, eux, à voter pour lui.

Le candidat devra répondre à une question que ses adversaires ne manqueront pas de lui poser : après huit ans à la tête du Parti socialiste, pourquoi faudrait-il maintenant croire qu’Olivier Faure est l’homme capable de gagner ce que le PS n’a plus gagné depuis François Hollande ?

La primaire est lancée.

La bataille, elle, ne fait que commencer.

Laisser un commentaire

Commentaires

Réseau média web

Liens utiles

Twitter

Afficher plus