
Au lendemain de la réunion avec les syndicats, les représentants des partis politiques reçus à Matignon dénoncent, eux aussi, l’absence de réponses concrètes à leurs préoccupations. Plusieurs responsables politiques regrettent que les revendications de la jeunesse et les urgences sociales n’aient pas été abordées au cours des échanges avec le gouvernement.
La réunion organisée à Matignon par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, n’a pas permis de dissiper les désaccords entre le gouvernement et les représentants des partis politiques. À l’issue des discussions, plusieurs responsables ont fait part de leur déception, estimant que les questions essentielles soulevées par la mobilisation de la jeunesse et les revendications sociales n’avaient pas reçu de réponses satisfaisantes.
Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, reproche au Premier ministre de détourner le débat des raisons profondes de la mobilisation des jeunes. « Sébastien Lecornu nous propose de parler de tout, sauf des raisons qui ont poussé la jeunesse de ce pays à se mobiliser », affirme-t-il. « On a assisté à une forme de concours Lépine de la bascule la plus autoritaire du pouvoir ! » – Manuel Bompard dénonce la dangereuse stratégie de pourrissement du pouvoir macroniste. « Nous appelons à participer massivement, pacifiquement et de manière non-violente, aux manifestations prévues le 24 octobre prochain. Le pouvoir continue à jouer la stratégie du pourrissement pour une raison incompréhensible.
De son côté, Bruno Retailleau, président des Républicains, indique avoir demandé au chef du gouvernement de revoir le calendrier de l’élection présidentielle. Il déclare : « J’ai demandé au Premier ministre de reconsidérer le calendrier », évoquant notamment le risque de débordements le 1er mai 2027.
Pour Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes et candidate à l’élection présidentielle, la question des revendications des lycéens doit impérativement être abordée. « Si on ne parle pas des revendications des lycéens, alors cette réunion n’aura servi à rien », estime-t-elle.
Raphaël Glucksmann, candidat du Parti socialiste et de Place publique à l’élection présidentielle, insiste, quant à lui, sur la nécessité de tirer les leçons des précédents échanges avec le gouvernement. « Le fiasco du 17 octobre ne peut pas se reproduire », déclare-t-il.
Le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, fait également part de sa déception. Il estime que la réunion n’a apporté aucune réponse aux urgences sociales. « On n’a eu aucune réponse aux urgences sociales », déplore-t-il. Il précise que les participants ont été conviés à une rencontre présentée comme technique, destinée à leur expliquer la politique du maintien de l’ordre.
Les syndicats également déçus
Cette insatisfaction ne concerne pas uniquement les responsables politiques. Réunis la veille, les représentants syndicaux n’ont, eux non plus, obtenu aucune réponse jugée satisfaisante à leurs revendications.
La Confédération générale du travail (CGT) déplore ainsi l’absence de mesures concrètes et de prise en compte des demandes portées par les organisations syndicales. Elle déclare ne constater « aucune mesure, aucune prise en compte de nos revendications » et appelle à une journée de grève le 5 novembre.
À l’issue de ces rencontres, plusieurs interlocuteurs du gouvernement attendent désormais des réponses concrètes à leurs demandes.