Pour son premier grand meeting de campagne en vue de l’élection présidentielle de 2027, Édouard Philippe a réuni environ 4 000 personnes à l’Adidas Arena, à Paris. Une affluence honorable, mais qui ne dépasse pas celle récemment enregistrée par Bruno Retailleau et qui reste très loin des 26 000 participants revendiqués lors du dernier grand rassemblement de Jean-Luc Mélenchon.

Sur le fond, l’ancien Premier ministre n’a pas créé la surprise. Son discours s’est davantage apparenté à un exercice de communication politique qu’à une présentation de mesures marquantes. Son slogan, « Croire en nous », s’est accompagné de formules consensuelles, à l’image de cette déclaration : « La France est un pays qui sait très bien, je le crois, que tout n’est pas perdu, pour peu qu’on lui dise la vérité, qu’on lui montre la route et qu’on tienne enfin ce qu’on promet. »
Édouard Philippe a toutefois reconnu que les réformes qu’il entend mener nécessiteraient des sacrifices. « Je demanderai des efforts, mais des efforts justes, partagés et étalés dans le temps », a-t-il affirmé, précisant que les retraités seraient eux aussi mis à contribution.
En matière d’éducation, il a promis « une refonte massive de l’école », qu’il présente comme « la plus importante peut-être depuis Jules Ferry ». Son projet repose sur une plus grande autonomie des établissements, notamment concernant les horaires, le port de l’uniforme ou encore le recrutement et l’évaluation des enseignants. Il souhaite également adapter davantage l’école aux besoins des élèves, avec des journées moins chargées, davantage de sport et de culture, des devoirs repensés et des vacances d’été raccourcies.
Sur le plan économique, Édouard Philippe a plaidé pour une simplification des relations entre les entreprises, les collectivités et l’administration. Il souhaite alléger les contraintes administratives et fiscales afin de « laisser produire » les entreprises, en simplifiant notamment leurs rapports avec les impôts, l’Urssaf et les différentes administrations.
Édouard Philippe explique désormais ce qu’il faudrait faire demain. Les Français sont en droit de s’interroger sur les raisons pour lesquelles ces orientations n’ont pas été mises en œuvre lorsqu’il était à Matignon et qu’il disposait des moyens politiques de les porter.
Le maire du Havre a également réservé quelques piques à Jordan Bardella, qu’il a décrit comme un homme « converti au libéralisme, à l’Europe et au capitalisme », raillant au passage son goût supposé pour les « petits fours à Monte-Carlo ».
Au-delà des annonces, ce meeting pose la question du positionnement politique d’Édouard Philippe. Souvent présenté comme un candidat de droite, il demeure avant tout l’un des héritiers du macronisme. Son entourage en témoigne : son directeur de campagne, Christophe Béchu, a quitté Les Républicains pour rejoindre Emmanuel Macron.
Dans cette perspective, Édouard Philippe apparaît davantage comme le candidat de la majorité présidentielle sortante, au même titre que Gabriel Attal, que comme le représentant de la droite républicaine. Cette dernière est aujourd’hui incarnée politiquement par Les Républicains, dont Bruno Retailleau s’impose pour l’instant comme la figure la plus visible.