Par Lydie Massard, porte-parole de l’UDB et candidate fédéraliste à l’élection présidentielle.

« L’eau est au croisement de nombreux enjeux : économiques, sociaux et bien sûr environnementaux. Sans eau, il n’y a ni agriculture, ni énergie, ni vie. Pourtant, à l’heure du changement climatique, cette ressource est plus que jamais sous tension, tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Savez-vous, par exemple, que dans les Hauts-de-France, 60 % de la population consomme une eau non conforme aux limites de qualité sur les pesticides selon l’Agence régionale de santé ?
Face à ces défis, la France a fait, il y a plus de 60 ans, un choix structurant : celui d’une gouvernance de l’eau fondée sur la démocratie locale. Les « parlements de l’eau », à l’échelle des bassins, réunissent des représentants des collectivités territoriales, des usagers économiques et non économiques. Par le dialogue et le compromis, ils prennent des décisions. Mais ces décisions restent encore trop souvent insuffisantes, et surtout, elles sont parfois empêchées.
En Ille-et-Vilaine, un long travail de concertation a permis d’aboutir à un schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) prévoyant notamment la fin de l’usage de certains pesticides autour des zones de captage. J’ai soutenu, et je soutiens toujours, ce compromis, fruit du travail des acteurs locaux.
Mais au mépris de la santé des habitants, le pouvoir central en a bloqué l’application. Entre les intérêts du lobby de la chimie et la protection de la population, le Premier ministre a fait un choix, et ce n’est pas celui de la santé publique. Rappelons pourtant qu’il est possible de produire sans pesticides de synthèse : l’agriculture biologique le démontre chaque jour.
En Bretagne, c’est bien l’État qui freine la transition écologique. Depuis des années, il fait le choix de laisser polluer l’eau plutôt que de réguler les pratiques polluantes. Qui autorise les agrandissements de porcheries dans une région où les taux de nitrates restent trop élevés ? L’État, via les préfets. Qui a annulé les arrêtés anti-pesticides de maires comme Daniel Cueff et de dizaines d’autres élus locaux ? L’État, via les préfets.
Et lorsque l’Assemblée nationale a adopté la loi Duplomb, elle s’est imposée à tous les territoires, y compris là où elle était massivement rejetée. Les député·e·s breton·ne·s avaient pourtant majoritairement voté contre. Dans une France fédérale, où les régions disposeraient d’une véritable autonomie, une telle loi n’aurait pas été appliquée à une grande région agricole comme la Bretagne. La démocratie territoriale pourrait alors jouer pleinement son rôle de contre-pouvoir face aux lobbys.
Au-delà du cas breton, la question de la pollution de l’eau révèle les limites et les dérives du centralisme. Dans la République fédérale que je défends, l’État ne pourra plus annuler arbitrairement des décisions prises localement dans le respect des règles. Il ne pourra plus sacrifier la santé de la population au profit d’intérêts particuliers.
Aujourd’hui, l’État entrave la marche vers la transition écologique alors même que nous devons accélérer. Les pouvoirs publics avaient fixé l’objectif de 100 % de cours d’eau en bon état écologique d’ici 2027. Nous en sommes aujourd’hui à moins de 50 %. L’urgence est là.
Pour réussir la transition écologique et protéger durablement la santé de nos concitoyennes et concitoyens, il est impératif de refonder la République sur la base de l’autonomie des territoires. »